Retour au sans compromis pour Dany Placard
« Parce que j’voulais aller voir l’autre bord / Faire plus de cash / Veiller plus tard / M’faire dire « bonjour monsieur Placard » / À toutes les fois que je sors dehors / Un moment donné je reviendrai sa terre / M’faire dire que tout ce que je fais ça rime à rien / Ça rime à rien ».
C’est par ces mots en ouverture de la chanson « Parc’qui m’fallait » que Dany Placard explique son état d’esprit après « l’échec » de son disque précédent. Il avoue qu’on ne le reprendra plus.
« On m’avait demandé de respecter des normes radios, d’écrire dans ce format-là, pour que ça passe sur les ondes. Finalement, ça na pas marché. Les radios ont arrêté de faire passer du rock et mon disque n’a pratiquement pas joué.
J’ai toujours fait ce que je voulais, sauf pour cet album-là. Plus jamais je ne vais accepter ça. Si on me le redemande, je sacre mon camp. »
Message clair et précis.
C’est donc sans compromis que Démon vert s’est enregistré. En cinq petits jours, entre amis, au studio Planet, coin Beaubien et Papineau, soit à quelques rues seulement d’où réside l’auteur-compositeur originaire du lac Saint-Jean.
« Je suis satisfait à 200% du disque. C’est exactement ce que je voulais faire : l’enregistrement, le mixage, les thématiques, tout ça… Ça me représente moi, où je suis en ce moment, à 36 ans. C’est super vivant. »
Père de deux enfants, Robin et Jules (qu’il appelle Lucky Luke), en couple avec Sarah; tous trois ont droit à une chanson à leur honneur sur l’album. « Ce que j’ai enregistré, c’est moi, ce que je vis, le déchirement quand je pars en tournée, quand je quitte ma famille… Ce sont des tounes super émotives, où je parle des personnes que j’aime le plus au monde. Je ne pouvais pas revivre les émotions 20 fois en ligne lors de l’enregistrement, ce qui explique aussi pourquoi on l’a fait aussi rapidement. »
Et pour parvenir au produit final aussi rapidement, Dany Placard s’est entouré de musiciens et de gens qu’il connait bien, et vice versa. « Oui, c’est important le point de vue des gens qui m’entourent. Surtout Guillaume (Bourque, coréalisateur de l’album), que je connais et avec qui je travaille depuis un bout. Lui, il me mettait un frein. Si je voulais aller trop rock, il me ramenait sur le chemin. Il me disait : « ne fait pas ça, tu l’as déjà fait cent fois » ou encore : « ce n’est pas toi ça; on a commencé relaxe, on reste relaxe. » C’est une question de confiance finalement. J’avais confiance en lui, aux autres gars qui étaient là aussi, et dans mon stock. Là, je vais pouvoir aller chanter ça devant les gens sans problème. »
Dany Placard assurera justement la première partie des spectacles de Louis-Jean Cormier, le chanteur et compositeur du groupe Karkwa, qui vient tout juste de sortir un premier album solo.
Retour sur la route donc, pour monsieur Placard. Mais cette fois, avec le sentiment de présenter aux spectateurs des chansons qui lui ressemblent. Sans compromis.