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Les animaliers comprennent mais…

Beauchemin Philippe - TC Media
Le nouveau règlement interdisant l’ouverture de nouveaux commerces destinés à la vente d’animaux est bien compris par les animaliers opérant dans l’arrondissement. Par contre, ces derniers ne croient pas qu’il empêchera la prolifération des animaux abandonnés dans les ruelles de Rosemont – La Petite-Patrie.

Rencontrés un à un, des responsables de chez Jappi Toutou, animalerie située au coin des boulevards Rosemont et Saint-Michel, d’Aquarium du Nord, présent sur la Plaza, et de la boutique d’animaux Chico, sur la Promenade Masson, tiennent sensiblement le même discours. Ils conviennent tous qu’il y a un nombre élevé d’animaux errants sur le territoire et qu’un tel règlement viendra responsabiliser le citoyen sur l’importance de l’achat d’un animal de compagnie, mais, du même souffle, ils ajoutent que les animaleries ne sont pas la cause de ce problème, bien au contraire.

« Nous, on tente d’aider les gens dans l’achat d’un chaton ou d’un chien. On vend aussi des animaux en santé, souvent vaccinés et on connait leur historique. On peut donc bien conseiller les acheteurs », souligne Vanessa St-Louis, de l’Aquarium du Nord.

« Le problème, ce ne sont pas les animaleries, c’est Internet, laisse pour sa part entendre José Forest, propriétaire de la boutique Chico. Allez faire un tour sur les sites de revente : il y a là 4000 annonces de chats à vendre ou à donner. Il est là le fléau. Le règlement, il ne changera rien à cela. »

Pour Linda, qui travaille chez Jappi Toutou, c’est même le contraire qui pourrait survenir. « Le problème avec un tel règlement, c’est que ça va augmenter le nombre de vente de particulier à particulier, via Internet ou d’une autre façon. On va assurément voir une augmentation du nombre d’animaux malades ou ayant une malformation. Les gens n’ont pas de garantie en achetant d’un particulier. Ici, oui, on est redevable envers l’acheteur. On garantie d’une certaine façon leur santé. »

Autres solutions

Questionné quelques minutes après que RPP soit devenu le premier arrondissement a mettre en place un règlement limitant le nombre d’animalerie, le maire, François W. Croteau, disait : « On a une problématique d’achats compulsifs sur notre territoire et on veut inciter les gens à adopter. On veut empêcher la prolifération de nouveaux commerces qui pourraient aggraver la situation déjà existante. »

M. Forest ne partage pas son avis. « Les achats impulsifs, en animalerie, c’est rare. Quand tu payes 50 $ pour un chat ou des centaines de dollars pour un chien, tu ne t’en débarrasses pas l’été venu. Ce règlement ne changera absolument rien dans nos chiffres d’affaire puisque que de toute façon, ce n’est pas avec la vente d’animaux que l’on fait nos frais, vraiment pas. »

Les personnes rencontrées apportaient d’autres solutions pour endiguer le nombre croissant d’animaux errants; Présence d’inspecteurs sur le territoire, relevé de l’historique des animaux présents chez les propriétaires, meilleure coordination entre les animaleries et la stérilisation obligatoire sont au nombre des idées qu’ils ont évoquées.

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