Des outils pour aider les aînés à dénoncer
Même si peu d’interventions pour des cas de maltraitance chez les aînés donnent lieu à des arrestations, les policiers de Montréal ont désormais une démarche spécifique à suivre afin de repérer les victimes d’abus et les accompagner.
Le programme IPAM (Intervention policière auprès des aînés maltraités), un projet-pilote lancé en 2013 dans quatre postes de quartier de Montréal, est maintenant en vigueur depuis le mois de mars partout dans la métropole.
Désormais, les situations d’abus donnent lieu à des rapports d’incidents systématiques. Le nouveau programme pourrait aider des centaines de personnes qui ont le courage de dénoncer des situations difficiles et complexes.
«Quand je suis allée avec mon père au poste de police l’an dernier, ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire pour nous parce que mon père avait volontairement donné de l’argent», raconte Louise Cloutier, une proche-aidante dont le père a perdu 10 400$ en cédant aux demandes d’une personne en qui il avait confiance.
C’est précisément ce que veulent éviter les policiers qui travaillent selon la méthode du programme IPAM.
«Avant, on était dans une zone grise. Quand il n’y avait pas d’acte criminel, il n’y avait pas de rapport. Maintenant, on prend un rapport même quand ce n’est pas un acte criminel. Ça laisse une trace», explique le commandant Jean-Nicolas Nault, du poste de quartier 31 dans Villeray.
Le commandant reconnaît que très peu de condamnations peuvent avoir lieu dans les cas de maltraitance. Le programme permet toutefois de créer un réseau d’aide pour les personnes âgées, puisque les policiers travaillent en partenariat avec le milieu communautaire et le réseau de la santé. Une fois le rapport produit, la personne âgée est confiée aux ressources en santé ou du milieu communautaire.
Au cours des derniers mois, 145 personnes ont notamment été visitées à la maison par les policiers, qui ont repéré 45 cas et redirigé les possibles victimes vers le réseau de la santé, où elles ont pu recevoir de l’aide.
Le programme IPAM a été mis sur pied par la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées du CIUSSS de l’Estrie, entre 2013 et 2016.