De retour à la rue
L’atmosphère était calme et accueillante au Cégep où les étudiants préparaient leurs pancartes pour se joindre à la manifestation qui aurait lieu au Centre-Ville quelques heures plus tard. La levée des cours s’est faite sans problème.
«On a un mandat de destruction du sommet de l’éducation», dit une étudiante. Jérémie Cholette, étudiant en grève, explique que l’objectif est de «perturber le plus possible le sommet. En empêchant les gens de rentrer par exemple ou par n’importe quelle action qui perturbe le bon fonctionnement du sommet.»
Pourquoi? Une dizaine d’étudiants rencontrés dans le local du syndicat étudiant expliquent qu’ils «se sentent niaisés». Le groupe pense qu’un jour et demi n’est pas un laps de temps suffisant pour tenir des débats de fond sur l’avenir de l’éducation au Québec. De plus, les grévistes disent ne pas croire que la démarche est faite de bonne foi parce que la décision d’indexer les frais aurait été prise avant le sommet, selon eux.
« Les jeux étaient faits » , selon Jeanne Bourdeau, étudiante en grève. Elle rappelle que le gouvernement précédent avait lui aussi tenu un sommet pour annoncer une décision unilatéralement en 2010. «Avec le sommet, le gouvernement peut dire sur papier qu’il a fait une consultation publique. C’est de la démocratie fallacieuse», pense Étienne Mathieu, cégépien en grève. Selon lui, il est temps de lancer une réflexion sur l’éducation au Québec qui pourrait s’étendre sur cinq ans, comme ce fut le cas du rapport Parent.
«Beaucoup de personnes dans l’association croyaient qu’il y aurait un véritable dialogue», explique l’étudiant Félix Antoine Tremblay.
L’association étudiante n’a pas été invitée à siéger au sommet car seuls les représentants nationaux y étaient. Le mode de fonctionnement du sommet rend la participation de l’ASSÉ difficile selon eux: «les exécutants exécutent leurs mandats, une fois que c’est voté en assemblée générale», explique M. Cholette.
Mais même si le syndicat étudiant du Cégep de Saint-Laurent avait été invité, certains membres se seraient opposés à sa participation. «Nous on n’ira pas siéger à côté des acteurs économiques!», lance Mme Bourdeau. Selon elle, leur implication au sommet est symptomatique d’une marchandisation de l’éducation.