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Peindre Saint-Laurent

Deux artistes laurentiens désirent ardemment faire découvrir leurs peintures d’ici au plus grand nombre. Quelques jours avant que la galerie Exhib’Art expose leur travail, Kastriot Dervishi et Anca Ciupitu ont confié leurs impressions et réflexions aux Nouvelles SaintLaurent News.

Kastriot Dervishi habite Saint-Laurent depuis un peu plus d’un an. Il a eu une brillante carrière artistique en Albanie, son pays natal, où il a été professeur de dessin, directeur de théâtre, directeur de la galerie d’art Edward Lear et directeur du musée national Onufri & Ethnographical.

Étudiant depuis peu le français, il ne maîtrise pas encore la langue de Molière. Ses peintures lui permettent de créer des liens avec sa communauté d’accueil.

«Lorsqu’on montre une peinture, on n’a pas besoin de parler. L’art n’a pas besoin des langue; l’art est une langue » , croit M. Dervishi.

«Mes peintures me permettent d’avoir de bonnes relations avec les gens. Par exemple, un de mes amis est professeur. Il ne rencontre que des gens de l’école. Moi, avec mon art, je rencontre des gens. Pour un nouvel arrivant, c’est difficile, mais grâce à mes peintures, il m’est plus facile de m’intégrer », dévoile-t-il.

Ayant immigré pour assurer un avenir meilleur à ses deux enfants, M. Dervishi a choisi Montréal, qu’il considère être la ville des Arts en Amérique du Nord. En plus de devoir s’adapter à une nouvelle culture, l’artiste doit aussi s’adapter à de nouveaux paysages. «géniaux», il s’intéresse maintenant aux montagnes québécoise comme Saint-Sauveur et Tremblant.«C’est beaucoup plus difficile de peindre dehors pendant l’hiver, ajoute-t-il à la blague. Mais je peins de la même façon. Il n’y a que mes toiles représentant des payages qui ont changé», dit-il plus sérieusement.

«Lorsque je peins des paysages, je peins les émotions de la nature. Mais mes compositions, c’est le produit de mes réflexions, de mes émotions. Lorsqu’on voit ses toiles, on sait ce qui me préocupe», confie-t-il.

Peindre ce qu’on voit au quotidien

Artiste laurentienne d’origine roumaine, Anca Ciupitu n’en est pas à sa première exposition. Depuis 2005, Mme Ciupitu expose ses oeuvres à Saint-Laurent.

Pour elle, l’art est une façon de communiquer avec les autres. «Je pense que l’art n’a pas juste une valeur de représentation. Pour moi, c’est en fait un «modus vivendi» avec la fonction de pont vers l’extérieur», déclare-t-elle.

«Le processus est hors de mon contrôle, dit l’artiste avec un grand sourire. Je tombe sur une image qui reste… une idée qui me hante.»

La peintre représente les scènes de SaintLaurent qui l’inspirent. En pointant une peinture représentant deux arbres dans un stationnement, elle explique que c’est ce qu’elle voit de la fenêtre de son bureau.

«Ce que tu vois, c’est de l’asphalte. Mais moi, j’ai trouvé les deux arbres tellement intéressants, comme si un se dédoublait ou s’ils étaient frères», raconte-t-elle avec passion.

L’art lui permet de déjouer sa timidité, qu’elle cache bien, et de dialoguer avec les autres. «Une exposition, ça donne l’opportunité d’avoir un interlocuteur. L’art, ça peut être quelqu’un qui décrit un poème. Ça permet aux autres de toucher un peu l’âme », dit l’artiste

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