Un problème qui prend de l'altitude
C’est la guerre d’usure», explique celle qui s’est encore une fois présentée au conseil d’arrondissement du 5 juin pour parler de pollution sonore à Saint-Laurent.
Bien qu’Aéroports de Montréal (ADM) ait une règle qui empêche le décollage d’appareil de plus de 45 000 kilos, il n’y a aucune réglementation pour l’atterrissage d’appareil de cette importance. Or pour Mme Pelosse et ses voisins, que l’avion décolle ou atterrisse, le bruit est le même. En plus de la pollution sonore et la pollution de l’air, elle vit avec la crainte d’un écrasement d’avion, raconte-t-elle. Elle souhaiterait qu’ADM se soumette à un couvre-feu ou encore que l’aéroport débourse les frais pour l’installation de fenêtres très isolantes qui lui permettraient de dormir en paix.
En pleine connaissance de cause
Le maire Alan DeSousa fait remarquer que les aéroports relèvent du fédéral. «En tant qu’élu municipal notre rôle est un rôle d’observation et non pas un rôle décisionnel» affirme-t-il. À propos du bruit des avions, il rappelle que l’aéroport Trudeau-Montréal existe depuis les années 1940. « Les gens qui achètent savent que l’aéroport est à côté. Donc, quand on achète les maisons dans le coin, on est en pleine connaissance de cause», avance-t-il. Siégeant au comité de gestion du climat sonore d’ADM, il assure que les compagnies aériennes ont adopté de meilleures pratiques au cours des dernières années, notamment par le remplacement de leur vieille flotte pour des appareils plus silencieux.
Une lutte longue de huit ans
Lorsqu’elle a achetée sa maison en 2001, Chantal Pelosse ne se doutait pas qu’Aéroports de Montréal allaient rapatrier à Dorval tous ses vols. Commence alors une longue campagne auprès de l’arrondissement pour l’obtention d’un couvre-feu pour les vols de nuit, Aéroports de Montréal (ADM) a refusé de s’y plier. Puis vient les articles de journaux, les pétitions signées par les gens du quartier, un procès même, mais rien n’à porter fruit. Cette citoyenne dont le sommeil et la tranquillité sont troublés depuis huit ans dit qu’elle est prête à déménager, mais qu’elle ne souhaite pas le faire. « Je veux rester à Saint-Laurent », précise-t-elle.
De son côté, ADM assure que le climat sonore s’est amélioré au fil du temps. Selon Anne Marcotte, porte-parole d’ADM, les avions sont plus silencieux qu’il y a 10 ou 20 ans. En 1995, 107 333 personnes vivaient sous le corridor aérien de l’aéroport Montréal-Trudeau. Maintenant, ils ne seraient plus que 9 903, a indiqué Mme Marcotte. Elle a également affirmé que «plus de passagers ne signifient pas plus de bruit». Les compagnies aériennes se sont adaptées au rapatriement des vols de 2004 en se munissant de plus gros avions, pouvant accueillir plus de passagers dit-elle. Donc, il n’y aurait pas plus de va-et-vient, soutient Mme Marcotte.