Lachine & Dorval
16:57 14 mai 2015 | mise à jour le: 14 mai 2015 à 17:07 Temps de lecture: 3 minutes

Bombardier coupe 1000 emplois à Dorval et Saint-Laurent

Bombardier coupe 1000 emplois à Dorval et Saint-Laurent
Photo: Robert Leduc /TC Media

Le couperet tombe chez Bombardier: l’entreprise a annoncé jeudi la suppression de 1000 postes dans ses usines de Dorval et de Saint-Laurent. Au total, c’est 1700 emplois perdus au Canada.

L’usine de finition Global de Dorval, située à deux pas de l’aéroport Montréal-Trudeau, sera la plus touchée avec 850 mises à pied.

TC Media s’est rendu sur place jeudi, à l’heure du dîner. Sur la dizaine de travailleurs rencontrés, aucun n’a accepté de répondre à nos questions.

Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, le syndicat qui représente près de 1700 travailleurs dans les usines de Bombardier à Montréal, dont celle de Dorval, a déclaré à TC Media: «Le syndicat prend le dossier très au sérieux et utilisera tous les recours et tous les moyens à sa disposition pour soutenir ses membres, pour freiner ou même éviter les mises à pied, et sauvegarder les emplois».

«D’autant plus, ajoute M. Gagné, que Montréal est actuellement la plaque tournante de l’industrie aéronautique au Québec».

Selon M. Gagné, des rencontres syndicales seront tenues prochainement et permettront au syndicat d’y voir plus clair. Des rencontres avec l’entreprise sont aussi prévues au début de la semaine prochaine.

Retraites et reclassements
À l’usine de Bombardier à Saint-Laurent, ce sont 150 employés qui seront mis à pied, principalement dans la division ingénierie.

Selon le président du Syndicat des machinistes, affilié à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), David Chartrand, les lettres annonçant les licenciements seront envoyés aux travailleurs concernés à compter du mois de juin.

M. Chartrand a expliqué que plusieurs des employés licenciés pourraient être déplacés ailleurs dans les usines de Bombardier, notamment à Mirabel, tandis que d’autres pourraient partir à la retraite.

«On va s’asseoir avec l’employeur pour tenter de compenser les pertes d’emploi», a dit le président du Syndicat des machinistes, qui compte 15 000 membres, dont 1800 dans les usines de Bombardier.

M. Chartrand explique que c’est la gamme de produits, tant au niveau commercial qu’au niveau affaire chez Bombardier, qui permet de reclasser des employés dans d’autres usines de l’entreprise.

Développement économique Saint-Laurent (DESTL), organisme qui travaille à soutenir les entreprises laurentiennes, déplore la suppression importante de postes.

«Cette situation est d’autant plus désolante qu’elle affectera également les PME du secteur aéronautique», précise Josée Chiasson, directrice générale de DESTL, qui souhaite que le marché international s’améliore à moyen terme.

Isabelle Morin se désole
La députée de Notre-Dame-de-Grâce–Lachine, Isabelle Morin, se désole de l’annonce par Bombardier du licenciement de 40% des travailleurs affectés à la production d’appareils Global, à Dorval.

«Cela traduit l’échec du gouvernement conservateur à développer une stratégie proactive, capable de venir en aide aux industries manufacturières et à protéger nos emplois, surtout dans le domaine de l’aérospatiale, secteur clé de l’économie québécoise», écrit Mme Morin dans un communiqué publié jeudi.

Mauvaises nouvelles
«Ce sont des mauvaises nouvelles pour la grande région de Montréal, déplore le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa. La perte de 1000 emplois va avoir un impact significatif».

Il se dit d’abord inquiet pour les travailleurs et familles affectés, mais aussi pour le secteur de l’aéronautique, milieu névralgique à Saint-Laurent.

«On avait toujours travaillé pour faire une économie laurentienne diversifiée qui nous permette d’être résilients à tous les chocs, qu’ils soient sectoriels ou mondiaux».

Le maire de Dorval, Edgar Rouleau, n’avait pas retourné nos appels au moment de publier.

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