Lachine & Dorval
15:39 18 février 2016 | mise à jour le: 18 février 2016 à 15:39 Temps de lecture: 3 minutes

Aveos : Québec roulé «dans la farine» — François Legault

Aveos : Québec roulé «dans la farine» — François Legault
Photo: Archives/TC MediaA laid off Aveo employee makes a call in front of the aircraft maintenance company's plant Tuesday, March 20, 2012 in Montreal.THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz


En abandonnant ses poursuites contre Air Canada dans le dossier Aveos, Québec se serait fait «rouler dans la farine» par le transporteur aérien en échangeant «1 800 emplois de qualité» en 2012 contre «peut-être quelques centaines d’emplois dans 10 ans», dénonce le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Le chef de la CAQ y a été de cette déclaration choc jeudi, au lendemain de l’annonce de la trêve judiciaire entre Québec et Air Canada dans le dossier de la compagnie Aveos qui opérait à l’aéroport Montréal-Trudeau, sur le territoire de Saint-Laurent.

Pour mettre fin à ce litige, Air Canada s’est engagé à faire réaliser les travaux de révision et d’entretien lourds des appareils C Series achetés à Bombardier au Québec, pour une période minimale de 20 ans à compter de la première livraison en 2019.

À la suite de cette annonce, Québec a abandonné ses poursuites contre la compagnie aérienne, qui avait cessé ses activités d’entretien au Canada en 2012, avec la faillite de son sous-traitant Aveos.

«Le premier ministre a fait un échange : il a offert à Air Canada de retirer sa poursuite pour l’entretien lourd de ses 300 avions en échange de l’entretien lourd de ses 45 avions de la Série C», a dénoncé le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, en chambre le 18 février.

Un syndicat «surpris»
Le syndicat qui représentait 1 700 travailleurs d’Aveos à Montréal, l’Association Internationale des Machinistes et des Travailleurs de l’Aérospatiale (AIMTA), ne s’attendait pas à cet abandon.

«Ça a été une surprise, on ne l’avait pas vu venir», a confié le coordonnateur québécois de l’AIMTA, David Chartrand, rejoint par TC Media.

«C’est évident qu’on est déçu, parce qu’à court terme, le centre d’excellence, même si c’est une bonne nouvelle, ne règle pas la situation pour les 1 700 travailleurs qui ont perdu leurs emplois», a-t-il ajouté.

D’après Air Canada, son engagement devrait aider à l’établissement dans la province d’un centre d’excellence dans le domaine de l’entretien des appareils C Series.

Ce centre devrait ajouter 1 000 emplois sur une période de 15 ans, selon le premier ministre Philippe Couillard.

«Un litige devant les tribunaux, ça ne crée pas d’emplois», a également répliqué M. Couillard au chef de la CAQ, en référence à l’abandon de la poursuite.

Le gouvernement et le syndicat d’Aveos étaient pourtant en bonne voie pour obtenir gain de cause, selon M. Legault.

La Cour supérieure du Québec avait notamment donné raison au gouvernement en 2013, Air Canada devant maintenir l’entretien lourd de ses appareils à Montréal, Winnipeg et Mississauga en vertu de la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada de 1985.

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