Saint-Léonard

Avenir incertain pour un organisme interculturel à Saint-Léonard

Avenir incertain pour un organisme interculturel à Saint-Léonard
Photo: Félix Lacerte-GauthierLe conférencier et professeur au Département de sociologie de l’UQÀM Victor Armony, en compagnie du coordonnateur du Regroupement Interculturel Christian Geffard-Boulet, de l’animatrice de la conférence Marie-Pierre Clavette et de la conférencière Emilie Bouchard.

Le futur est nébuleux pour le Regroupement interculturel de Saint-Léonard. La subvention qu’il recevait prendra fin le 31 mars prochain. Divers scénarios sont envisagés pour la suite.

« Je ne sais pas encore ce qui va se passer, admet tristement le coordonnateur du Regroupement, Christian Geffard-Boulet. Pour la suite des choses ce sera au conseil d’administration de prendre des décisions pour s’assurer de la pérennisation des acquis. On a eu une coordination pendant 6 ans. Je crois que ça a permis qu’on prenne plus en compte l’aspect interculturel dans le quartier. »

Le Regroupement dispose cependant de fonds qui lui permettront de poursuivre ses activités une semaine supplémentaire, jusqu’au 5 avril. Après quoi, le mandat de M. Geffard-Boulet se terminera. « C’est une ressource de moins dans le quartier et c’est la perte d’une expertise en la matière. On était le dernier quartier qui avait encore un regroupement interculturel avec une coordination », affirme-t-il.

Créé en 1995, l’organisme a pour vocation de mobiliser les acteurs de Saint-Léonard autour de la cohabitation interculturelle dans le quartier, par le biais d’activités et de formations visant à favoriser les rapprochements. Depuis 2012, il recevait un financement annuel de 46 000 $ de la part de Centraide.

Malgré tout, le Regroupement continuera d’offrir des services, soutient le président du conseil d’administration de l’organisme, Roberto Labarca, qui est également directeur général de l’Accueil aux Immigrants de l’Est de Montréal. « La coordination va s’arrêter, c’est certain, parce qu’on n’a plus d’argent, dévoile-t-il. Mais on ne veut pas laisser tomber. Même s’il n’y a plus de coordination, il reste le conseil d’administration qui prendra la relève et on poursuivra notre mission. »

Trois scénarios sont actuellement envisagés pour le futur de l’organisme. L’idée d’un statut quo a été évoqué, tout comme celle d’une fusion avec l’organisme Concertation Saint-Léonard, où le Regroupement deviendrait un comité en son sein. La dernière solution serait de transformer le Regroupement en organisme à but non-lucratif (OBNL) de services.

« On cherche encore ce qui va arriver, révèle de son côté M. Labarca. Tous les scénarios sont possibles. S’il y a la possibilité d’avoir un bailleur de fonds pour nous soutenir, ce serait l’idéal. On a fait des démarches, mais on attend. » Il n’avance toutefois aucun échéancier pour la suite des choses.

Pour sa part, M. Geffard-Boulet est néanmoins fier d’avoir contribué à la mise sur pied du comité Espace sur le Vivre-Ensemble, qu’il a pu voir grandir. « C’est né d’un dîner-échange avec des citoyens dans les lendemains de la tuerie de Québec, rappelle-t-il. Des résidents souhaitaient avoir un comité formé de citoyens pour travailler sur la communication entre les différentes communautés culturelles de l’arrondissement, dans la perspective d’améliorer la vie de quartier. »

 


Réfléchir l’intégration
Dans une dernière activité avant la fin de son financement, le Regroupement a invité deux conférenciers à venir partager leurs impressions sur le domaine de l’intégration. Le professeur au Département de sociologie à l’UQÀM, Victor Armony et Emilie Bouchard, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), ont tous deux pu livrer leurs réflexions sur le sujet. « La journée d’aujourd’hui était aussi pour voir si on peut avoir la même vision de l’interculturalisme », résume M. Geffard-Boulet

Les deux conférenciers ont surtout cherché à faire l’historique de la problématique de l’interculturalisme dans le contexte particulier du Québec, remontant jusqu’aux années 1980. Ils ont également exposé leur point de vue sur les difficultés que peuvent avoir les différentes communautés vivant dans la province à se comprendre, avant de proposer des pistes de solutions.