Saint-Léonard
15:30 4 avril 2019 | mise à jour le: 5 avril 2019 à 10:47 Temps de lecture: 4 minutes

Projet-pilote à Saint-Léonard : lutter contre le décrochage, un coup de poing à la fois

Projet-pilote à Saint-Léonard : lutter contre le décrochage, un coup de poing à la fois
Photo: Félix Lacerte-GauthierL’entraîneur-chef du Club de boxe Ludus, Pascal Brabant, en compagnie de sa fille, Marie-Claire Brabant, également entraîneuse.

La direction du Club de boxe Ludus est actuellement à la recherche de financement pour mettre sur pied le projet Papillon, un projet-pilote en collaboration avec l’école primaire Victor-Lavigne. L’objectif : encourager la persévérance scolaire chez des jeunes à risque grâce à la boxe.

Le bruit de gants percutant un sac se répercute en écho à travers le gymnase, alors qu’une sonnerie marque le rythme des rounds d’entraînements. Pascal Brabant, l’entraîneur-chef du club, est dans son univers. Pour l’occasion, il est accompagné de sa fille, Marie-Claire Brabant. Également entraîneuse, elle offre de plus un soutien au niveau psychosocial, fort de ses études, alors qu’elle entamera prochainement un doctorat en psychologie sportive.

Ce qu’on recherche est de promouvoir le sport dans les écoles, pour aider au développement physique et mental de l’enfant. Le sport et l’apprentissage vont de pairs. – Marie-Claire Brabant, entraîneuse au Centre Ludus.

« L’un de nos crédos est d’utiliser la boxe et les qualités qu’on y développe afin d’aider les jeunes, explique d’entrée de jeu M. Brabant. Ce qu’on veut faire est d’offrir un processus d’aide athlétique dans lequel ils peuvent développer des habiletés qui seront transposables dans leur vie. » Il cite d’ailleurs la concentration, la discipline et l’estime de soi comme autant de traits que les élèves pourront développer à l’intérieur du ring.

À cette fin, il a commencé à mettre sur pied en 2017 le programme Boxe Académie dans une même optique, en collaboration avec l’école Antoine-de-Saint-Exupéry. Après de longues démarches, le projet a pris son envol en janvier dernier. Cette fois, avec le projet Papillon, M. Brabant veut pouvoir intervenir plus tôt auprès des élèves. « La période de transition entre l’école primaire et secondaire peut être bien difficile, surtout pour les élèves à risque. Les probabilités qu’ils décrochent sont beaucoup plus grandes, résume-t-il. On leur offre une structure stable, à laquelle ils peuvent s’identifier, pour les aider à affronter les changements dans leur vie. »

Se surpasser à tous les niveaux
Le projet-pilote permettrait, dans un premier temps, à 5 garçons et 5 filles, de s’entraîner du lundi au vendredi après leurs cours. Ce serait à la direction de l’école Victor-Lavigne d’identifier les participants, selon quelques critères évaluant la probabilité qu’ils décrochent. Ils n’auraient ensuite qu’à payer leur carnet de boxe, ainsi que les frais d’une évaluation médicale conduite par un médecin reconnu par la Fédération Québécoise de Boxe Olympique. Des montants minimes, assure M. Brabant. « Si c’est totalement gratuit, les gens n’en comprennent souvent pas la valeur », justifie-t-il.

Le Club de Boxe collaborait déjà avec l’école Victor Lavigne pour l’élaboration d’atelier sportif destiné aux élèves.

Les élèves sélectionnés pour le projet Papillon s’entraîneront en même temps que les jeunes issus de l’autre programme social du club, Boxe Académie. « Ça leur permettra de s’identifier à d’autres jeunes plus âgés qui pourront également avoir une influence positive sur eux, souligne l’entraîneur-chef. L’idée est aussi d’arriver à leur donner un sentiment de fierté et d’appartenance. »

Bien que les élèves s’entraîneront dans un environnement compétitif, afin de les pousser à se surpasser, les combats demeureront optionnels. « Il faut qu’ils se sentent capables de le faire, que je pense également qu’ils y soient prêts et puissent en retirer un apprentissage, et finalement, les parents doivent évidemment donner leur aval », énumère M. Brabant.

Dans l’idéal, M. Brabant espère pouvoir mettre le programme en place pour la prochaine rentrée scolaire, en septembre. « Tout est prêt, c’est seulement le financement qui manque », s’exclame l’entraîneur-chef. Il explique avoir déjà fait des demandes de subventions auprès de différents paliers gouvernementaux, dont l’arrondissement de Saint-Léonard. Il n’exclut pas non plus de recevoir de l’aide du privé, si un commanditaire se présente.

Pour la suite, sa fille Marie-Claire espère qu’ils pourront publier les résultats du projet-pilote auprès d’une revue scientifique, afin de pouvoir transposer le projet dans d’autres écoles ou même d’autres disciplines. « Ce qu’on recherche est de promouvoir le sport dans les écoles, pour aider au développement physique et mental de l’enfant. Le sport et l’apprentissage vont de pairs », rappelle-t-elle.

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