La saison des hausses de loyers est ouverte
Selon le Rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), en 2013, il en coûtait en moyenne 592 $ par mois pour louer un 3 ½ dans la zone qui inclue Saint-Léonard et Anjou, 669 $ pour un 4 ½ et 779 $ pour un 5 ½.
C’est une hausse moyenne de 2,8 % par rapport aux prix de 2012. C’est d’ailleurs l’un des pourcentages d’augmentation les plus élevés à Montréal.
Pression sur les locataires
À Saint-Léonard, plus de 26 % des résidents vivent avec un faible revenu; c’est 2 % de plus que la moyenne montréalaise. De ce nombre, plus du quart doivent consacrer au-delà de 30 % de leur budget pour se loger.
Selon Sylvie Dalpé, coordonnatrice d’Action dignité de Saint-Léonard, un organisme de défense du droit au logement, l’augmentation des prix des appartements s’explique, entre autres, par la pénurie de logements locatifs.
« Dans les dernières années, il n’y a pas d’immeubles locatifs qui se sont construits. Il n’y a que des condos, des condos et encore des condos. C’est le problème fondamental, il manque de logis pour les locataires. D’autant plus que la population de Saint-Léonard est en forte croissance. »
Conséquence : bien des familles doivent réduire leurs autres dépenses, s’entasser dans des appartements trop petits ou se résigner à quitter le quartier.
« Les locataires qui m’appellent ne sont pas tous au chômage ou sur l’aide sociale. On parle également à des travailleurs. Ce sont des gens qui ont des revenus, mais qui ont, eux aussi, des difficultés à payer leur loyer. Ça touche de plus en plus la classe moyenne », déplore Mme Dalpé.
Contester sa hausse de loyer
Afin de déterminer si une hausse est justifiée ou non, la Régie du logement publie chaque année un indice d’ajustement du loyer. Pour 2014, celui-ci se chiffre à 1,1 % pour les logements chauffés au gaz ou à l’électricité, 0,6 % pour ceux au mazout et 0,8 % pour les appartements non chauffés.
Pour vérifier la légitimité de l’augmentation demandée par leur propriétaire, bien des locataires se tournent vers Action-dignité. Selon la coordonnatrice, les avis correspondent rarement aux taux définis par la régie.
« On aide les locataires en faisant le calcul avec eux. Oui, les propriétaires ont le droit d’augmenter les loyers en fonction du coût de la vie, et c’est très bien, mais il ne faut pas que ça soit abusif », fait valoir Mme Dalpé.
Elle déplore également le fait que la loi ne prévoit pas de contrôle des prix des loyers et que ce sont les locataires qui ont le fardeau de contester l’augmentation.
Pour en savoir plus, on communique avec Action-dignité de Saint-Léonard (9089-A Viau, Saint-Léonard) au 514 251-2874.