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Boîtes de dons de vêtements : un organisme décrie les nouvelles règles

Les boîtes de dons de vêtements poussent comme des champignons sur le territoire de Saint-Léonard depuis quelques années. L’été dernier, les élus ont décidé d’encadrer cette pratique controversée en adoptant une nouvelle réglementation. Mais elle ne fait pas l’affaire de tous. Six mois après l’adoption des nouvelles règles, la fondation caritative Le Support a dû se départir de la quasi-totalité de ses bennes de collecte.

« Ils sont en train de nous tuer! » s’exclame Philippe Siebes, directeur général de la fondation Le Support.

Le Support distribue de l’argent aux associations qui viennent en aide aux personnes atteintes de déficience intellectuelle. En 2012, selon les données publiées sur le site Internet de l’Agence du revenu du Canada, la fondation a distribué près de 1 500 000 $. De cet argent, 95 % provenait de la vente de vêtements usagés.

Pour recueillir les fripes, la fondation a installé près de 450 boîtes métalliques dans la grande région métropolitaine. À Saint-Léonard, il y en a déjà eu 19. Mais depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, il n’en reste plus que deux.

« De tous les arrondissements, c’est à Saint-Léonard que nous avions le plus de boîtes. Nous perdons des dizaines de milliers de dollars. Pourtant, nous avons pignon sur rue dans l’arrondissement », explique M. Siebes.

Jusqu’au mois d’août 2013, les boîtes de dons de vêtements n’étaient pas balisées par l’arrondissement; un flou juridique qui a favorisé la prolifération de ces contenants. Puisque certains d’entre eux étaient installés de façon chaotique sur la voie publique et que d’autres appartenaient à des entreprises aux pratiques commerciales nébuleuses, l’arrondissement a décidé d’agir.

« Nous aurions pu les faire enlever, mais on n’a pas choisi cette avenue-là. Au lieu de les bannir, on a plutôt décidé de les régir », explique Marie-Claude Lafond, chef de division de l’urbanisme à l’arrondissement de Saint-Léonard.

Les boîtes de dons sont permises sur le territoire de l’arrondissement, mais sous certaines conditions. Entre autres, elles doivent se trouver sur des sites commerciaux où les bâtiments ont plus de 2000 pieds carrés de superficie de plancher. Elles doivent également être adossées à un mur, sur le côté ou à l’arrière de l’immeuble. De plus, elles doivent appartenir à un organisme de bienfaisance reconnu par l’Agence du revenu du Canada.

M. Siebes est parfaitement en accord avec ce dernier critère; c’est d’ailleurs lui qui l’a proposé à l’arrondissement. Là où le bât blesse, c’est l’imposition d’une superficie minimale.

« Il n’y a pas beaucoup d’emplacements à Saint-Léonard qui correspondent à ces nouveaux critères. De plus, les propriétaires de bâtiments commerciaux de cette taille habitent souvent à l’extérieur de la ville, voire même de la province, mentionne-t-il. Notre responsable du développement des affaires fait la tournée de Saint-Léonard depuis un mois pour trouver de nouveaux partenaires, mais elle n’a pas été en mesure de décrocher une seule entente. »

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