Un CPE demande l'aide financière des Léonardois
Ouvrir une installation de CPE peut s’avérer très dispendieux. Selon les devis commandés par la direction de Les Crayons Magiques, l’aménagement de la première installation coûtera approximativement 500 000 $. Or, pour le moment, Les Crayons Magiques n’a pas ce montant.
En décembre dernier, la direction a lancé un appel à l’aide à la communauté léonardoise. Elle a fait paraître dans l’agenda communautaire du Progrès Saint-Léonard une annonce indiquant que les « fonds prévus seront insuffisants pour combler les aménagements minimaux et le matériel destiné aux enfants. »
L’objectif : trouver auprès des entreprises et du grand public les fonds manquants.
Pourtant, comme tous les CPE, Les Crayons Magiques est subventionné par le gouvernement. Mais selon sa directrice générale, Isabelle Jacob, les subventions accordées par le ministère de la Famille ne lui permettront pas de payer une facture aussi salée.
La contribution gouvernementale s’élèverait à 330 000 $. Ce montant servira d’abord à réaliser les améliorations locatives. C’est que bien qu’il soit locataire, le CPE devra réaménager le local à ses frais. Par exemple, il devra payer pour ériger de nouveaux murs.
Le reste de la subvention lui servira à acheter, entre autres, des jouets, des meubles, de l’équipement pour la cuisine et à aménager une aire de jeu.
« L’aire de jeu va avoir le strict minimum. Mais même un modèle de base avec un carré de sable, une clôture et du gazon, c’est au bas mot 100 000 $. Or, le ministère ne nous donne que 50 000 $ pour ça », souligne Mme Jacob.
Selon elle, le CPE doit investir 90 000 $ en mise de fonds; un montant qui sera puisé à même les surplus accumulés par l’installation déjà existante. En y ajoutant la contribution du ministère de la Famille, il y a toujours un manque à gagner de 80 000 $.
« Mais il faut prouver au ministère qu’on arrive financièrement. On ne peut pas présenter un budget déficitaire », ajoute-t-elle.
Manque de financement?
Du côté de Québec, on précise que règle générale, rien n’interdit aux CPE de faire des collectes de fonds.
« Les CPE sont des entités autonomes sans but lucratif. Il n’y a rien qui les empêche de faire des campagnes de financement. Par contre, celles-ci doivent être liées à des projets particuliers ou servir à des mises de fonds dans le cadre d’un projet d’immobilisation », explique Nadia Caron, relationniste au ministère de la Famille.
Elle ajoute que les campagnes de financement ne doivent pas servir à payer des installations déjà prévues par la loi, les règlements et les ententes de subventions. On ne peut donc pas y avoir recours afin de payer pour l’ameublement de base ou pour les jouets qu’offrent normalement un CPE.
Selon Mme Caron, les subventions attribuées par le gouvernement sont calculées en fonction des particularités financières du CPE et suffisent normalement à payer les frais d’aménagement des locaux et le coût du matériel éducatif et ludique destiné aux enfants.
« Le CPE a les mêmes enveloppes de financement que tous les autres projets de même nature. Les subventions qui sont versées à un titulaire de permis sont suffisantes pour assurer le bon fonctionnement du service de garde. Normalement, si le conseil d’administration veille à la bonne gestion des subventions, le service de garde peut offrir les services et respecter toutes les lois, normes et règlements en place. »
Elle ajoute toutefois que le ministère de la Famille ne remet aucunement en question les places subventionnées accordées au CPE Les Crayons Magiques. Du même souffle, elle explique que le gouvernement est prêt à soutenir les CPE en situation financière précaire.
« C’est sûr que le ministère va dire ça, mais dans les faits, ça nous oblige à faire des choix. Par exemple, nous n’aurons que le strict minimum en matière de jouets offerts aux enfants. La campagne de financement, c’est aussi pour nous aider à ouvrir la garderie avec un peu plus de matériel », soutient Mme Jacob.
Le CPE doit encore faire approuver par Québec son budget préliminaire et ses plans d’aménagement. Mais la directrice voit mal comment elle pourrait sabrer davantage les coûts si le gouvernement mettait en doute le réalisme du plan d’affaires. Déjà, son personnel fait la tournée des ventes de garage pour trouver des jouets bon marché.