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Taux de décrochage toujours alarmant, la lutte s'intensifie

Près d’un élève sur quatre quitte l’école secondaire Antoine-de-Saint-Exupéry sans diplôme ni qualification. Ce taux de décrochage, supérieur à la moyenne de l’île de Montréal, inquiète les intervenants des milieux scolaire et de l’employabilité.

Selon les données publiées par le Réseau Réussite Montréal, 79,2 % des élèves montréalais ont quitté le secondaire avec un diplôme ou une qualification en poche en 2011. À l’école secondaire Antoine-de-Saint-Exupéry, on parle de 76,9 %.

« C’est très préoccupant. Il faut dire qu’il y a eu une amélioration notable de la diplomation au cours des sept dernières années, mais le taux de décrochage demeure encore inquiétant », affirme Lina Raffoul, directrice du Carrefour jeunesse emploi Viger-Jeanne-Mance (CJE).

Malgré tout, on fait mieux que l’ensemble des écoles de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) qui affichent une moyenne de décrochage de 26,6 %.

Mais il faut faire attention avant de se réjouir, avertit Andrée Mayer-Périard, directrice générale du Réseau Réussite. Selon elle, les pourcentages sont parfois trompeurs.

« L’arrondissement est en explosion démographique. Il y a donc un nombre très élevé de familles et de jeunes. Sa proportion de décrochage semble peut-être moins alarmante que celle d’autres quartiers, mais quand on regarde le nombre absolu d’élèves qui sortent sans diplôme, c’est une quantité importante. »

Un arrondissement en mutation

Selon la directrice du CJE, la disparité entre les résultats de l’arrondissement et de l’ensemble de la ville s’explique en grande partie par les changements sociodémographiques qui caractérisent la communauté depuis un bon nombre d’années.

En 2011, Saint-Léonard comptait 1599 élèves issus de l’immigration au secondaire, de première ou de deuxième génération, soit 80 % du nombre total. Au primaire, c’était encore plus fort : 90 % des élèves provenaient de familles nouvellement arrivées.

« L’école secondaire Antoine-de-Saint-Exupéry a une composition multiethnique extrêmement importante. Pour les nouveaux venus, il y a le défi de l’adaptation, de la francisation et de l’apprentissage d’un nouveau modèle scolaire. C’est à la fois un choc culturel et linguistique. Les élèves en classe d’accueil vivent une plus grande difficulté d’intégration et de réussite que ceux qui sont arrivés ici plus tôt dans leur vie et qui ont appris le français plus jeune », soutient Mme Raffoul.

Il n’y a pas que la problématique de l’intégration culturelle. L’appauvrissement de la population joue aussi un grand rôle. Selon les données du dernier recensement, tout près de 25 % des Léonardois vivent avec un faible revenu. C’est au-dessus de la moyenne montréalaise.

De plus, la non-diplomation a tendance à se transmettre d’une génération à l’autre.

« Le taux de diplomation des parents, et la valorisation de l’éducation à la maison, c’est un facteur plus important dans l’est de Montréal que dans d’autres endroits. Le taux de diplomation de la mère est un bon prédicteur du taux de diplomation des enfants », indique Mme Mayer-Périard,

Or, dans plus d’un foyer léonardois sur 10, ni l’un ni l’autre des parents n’est diplômé.

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