Les Léonardois dépendent de l'auto
Véronique Fenocchi, directrice générale de la Corporation de développement économique communautaire Saint-Léonard (CDEC) n’est pas surprise que les Léonardois dépendent autant de l’automobile. C’est une tendance qu’elle et son équipe ont décelée dans le secteur industriel de l’arrondissement.
« On a fait une étude auprès de plus de 280 entreprises de la zone industrielle. De leurs employés, 90 % se déplaçaient en automobile. Les entreprises nous disent “si on veut des employés chez nous, il faut qu’ils puissent utiliser leur voiture. »
Selon Mme Fenocchi, la voiture fait partie des critères d’embauche, bien que de façon officieuse, au même titre que l’expérience et la formation.
« Pourtant, Saint-Léonard n’est pas si excentré que ça. On est à côté de Rosemont. Mais il y a un sentiment particulier d’éloignement. Selon moi, c’est lié au manque de transport en commun, notamment l’absence de station de métro », ajoute-t-elle.
Ce n’est pas que le territoire léonardois est dépourvu de transport collectif. Certains autobus, comme ceux des circuits 32 Lacordaire ou 33 Langelier, passent fréquemment sur les artères, aux 10 minutes ou moins en heure de pointe.
« On a des autobus sur Viau, Lacordiare, Langelier, Jarry et Jean-Talon, un service de pointe au sept ou 10 minutes, des lignes express et en plus, il y a le train de l’Est qui va arriver au mois de décembre. Alors, je pense qu’on a un bon service d’autobus », affirme le maire de Saint-Léonard, Michel Bissonnet.
Mais sur les rues qui avoisinent la zone industrielle, les autobus se font plus rares. Les lignes 188 Couture, 192 Robert et la 39 Des Grandes-Prairies passent environ aux demi-heures, ce qui peut rendre les déplacements plus difficiles pour les travailleurs qui doivent faire un ou deux transferts lors de leur trajet.
« Il y a peut-être des gens qui n’ont pas de voiture, ou qui ne veulent pas conduire pour aller travailler, qui ne viendront pas ici à cause de ça », fait valoir Mme Fenocchi.
« Il y a des entreprises de nouvelles technologies, qui œuvrent en jeux vidéo ou en graphisme, par exemple, qui nous appellent. Elles voient l’intérêt des locaux commerciaux de Saint-Léonard, mais elles nous disent que leurs employés n’utilisent pas la voiture », poursuit la directrice générale de la CDEC.
De plus, ce genre d’entreprise opère souvent à l’extérieur des heures de bureaux traditionnels. Difficile de se rendre au travail le soir lorsque le service d’autobus de nuit est déficient.
En ne bonifiant pas le service de transport en commun, croit la directrice de la CDEC, l’arrondissement se prive de nouveaux résidents et surtout, de nouveaux investisseurs.
En attendant le métro
L’arrondissement se dit conscient de la problématique du transport et souhaite réduire la quantité de voitures sur les rues.
Mais, pour le moment, le moyen d’y parvenir semble plutôt incertain.
Certes, des projets de promotion de la bicyclette, en partenariat avec Vélo-Québec, sont en branle et la Ville-Centre étudie la possibilité d’intégrer le réseau cyclable léonardois à celui de Montréal.
L’administration locale est aussi en pourparlers avec la STM pour créer une voie réservée pour autobus sur le boulevard Lacordaire. M. Bissonnet est sûr d’en arriver à une entente, mais des problématiques entourant le stationnement près de Jean-Talon retardent son implantation.
L’arrondissement est actuellement dans les premières étapes de l’ébauche d’un plan local de déplacement. En parallèle, il a retenu les services de la firme Mobiligo afin qu’elle effectue un sondage auprès de la population. Deux étudiants de l’Université de Montréal, dans le cadre de leur thèse, livreront aux autorités une étude sur le déplacement à Saint-Léonard.
Le plan local de déplacement devrait être prêt d’ici 2015.
Mais tant au niveau de la CDEC que de l’arrondissement, on soutient que le prolongement de la ligne bleue du métro changera radicalement le visage du transport à Saint-Léonard.