Soutenez

Johnny Montanero : la volonté de donner

Donner au suivant; l’expression est parfois galvaudée. Mais pour Johnny « Monti » Montanero, la maxime prend tout son sens. Honoré à maintes reprises pour son bénévolat, ce Léonardois d’adoption souhaite aider sa communauté aussi longtemps que son corps lui permettra.

C’est jeudi après-midi, rue Laverdière. M. Montanero, vient tout juste de revenir à la maison. Depuis la matinée, il organise le transfert de milliers de sacs d’école vers un entrepôt, en attendant qu’ils soient distribués à des enfants issus de milieux défavorisés.

Malgré la longue journée de travail et une certaine fatigue, il nous accueille chez lui, avec son épouse, Marguerite.

« Il ne cesse jamais de travailler. C’est moi qui dois l’arrêter », dit-elle en riant.

M. Montanero a 83 ans. Son souffle n’est probablement plus ce qu’il était; sa poignée de main, sans doute moins vigoureuse. Pourtant, à l’âge où la plupart des gens ne souhaitent que profiter d’un repos bien mérité, il se consacre au bénévolat.

« J’ai encore de l’énergie. Je vais en faire jusqu’au bout », promet-il.

Johnny « Monti », c’est celui qu’on appelle lorsqu’on a besoin d’un coup de main. À l’année, il fait le tour des épiceries et des commerces de la communauté pour obtenir des denrées pour des organismes de Saint-Léonard, notamment pour les paniers de Noël.

« Je récolte de tout : de l’argent, des jouets et même du pain! », blague-t-il.

Une vie trépidante

Johnny et Marguerite sont mariés depuis 61 ans.

« Je n’arrive pas à croire que ça fait autant d’années. Ç’a passé tellement vite », confie la dame.

Ensemble, ils ont vécu l’époque des grands cabarets, une période pendant laquelle Montréal était fort appréciée des crooners américains. Leurs yeux s’illuminent lorsqu’ils en parlent.

« On allait au Chez Paris, rue Stanley. On y a vu Frank Sinatra », se remémore l’octogénaire.

Son épouse raconte l’anecdote comme si elle l’a vécue hier.

« Un soir, Sinatra se dirigeait vers la scène et j’ai remarqué que sa boucle de tuxedo était mal mise. Je me suis levée et je l’ai ajustée pour lui. Il s’est laissé faire! »

Depuis plus de 40 ans, le couple habite Saint-Léonard. Le quartier paisible n’a rien du centre-ville qui a animé leur jeunesse, mais ni l’un ni l’autre ne s’imagine vivre ailleurs.

« On a aimé ça tout de suite, du premier coup, se rappelle-t-il. Je ne déménagerai jamais. »

Musicien de profession, Johnny « Monti » a été chanteur et chef d’un orchestre big band. Il a également travaillé en production, s’occupant du volet musical de congrès et autres rassemblements que tenaient des entreprises canadiennes et américaines à Montréal.

Au fil des décennies, son travail l’a mené à la rencontre de plusieurs légendes de la musique du XXe siècle, dont Henry Mancini, Tony Bennett, Al Martino, Gilbert Bécaud, Luis Mariano et Perry Como.

Une retraite peu reposante

Sa carrière lui a aussi permis de se bâtir un réseau au sein de la communauté des affaires du Québec. Aujourd’hui, sa connaissance du milieu lui est d’une aide précieuse.

« Je sollicite des compagnies qui ont de l’argent. Je sors de leur bureau avec un chèque en poche et le sourire aux lèvres. »

Il y a une quinzaine d’années, il s’est mis à amasser des fonds pour la Fondation Starlight, un organisme qui œuvre à égayer la vie d’enfants malades. Ensuite, on l’a approché afin qu’il participe à diverses collectes de la Société canadienne de la sclérose en plaques et du poste de quartier 42 du Service de police de la Ville de Montréal.

Le milieu caritatif souligne de temps à autre l’importance de son apport.

« Voici les plaques que j’ai reçues, dit-il discrètement, attirant notre regard vers un mur couvert de certificats encadrés. Celle-ci vient de la Société de la sclérose en plaques. J’ai été honoré par elle il y a deux semaines. »

Il insiste, les accolades sont appréciées, mais elles ne le motivent pas. Alors, qu’est-ce qui peut bien le pousser à en faire autant?

Il réfléchit quelques instants.

« Je viens d’une famille de 14 enfants, très pauvre. J’ai appris de ça. Quand je parle de ma famille… »

Sa voix hésitante, les larmes aux yeux, il laisse sa phrase en suspens.

« J’aime mieux donner que recevoir », conclut-il simplement.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.