Déclin de l'emploi à Saint-Léonard
En 2006, on comptait 29 275 emplois dans l’arrondissement de Saint-Léonard. Cinq ans plus tard, il n’y en avait plus que 25 870, une baisse de 11,63 %.
Durant la même période, le nombre d’emplois dans l’ensemble de l’agglomération de Montréal a connu une augmentation timide, passant de 1 145 595 à 1 146 545.
Parmi les secteurs d’activité, c’est le commerce de détail qui embauche le plus de travailleurs à Saint-Léonard. Il représente près d’un emploi sur cinq.
Colligées par la Ville-centre, les données présentées dans l’Atlas de l’emploi ont été recueillies par Statistique Canada lors de la dernière Enquête nationale auprès des ménages. En les comparants aux chiffres obtenus lors du recensement de 2006, on constate la diminution du nombre d’emplois à Saint-Léonard.
Une zone industrielle à redéfinir
Bien qu’il soit difficile de cibler une cause unique qui expliquerait la chute du nombre d’emplois à Saint-Léonard, la tendance pourrait bien être liée au déclin de sa zone industrielle.
En 2010, la Corporation de développement économique communautaire de Saint-Léonard (CDEC) a mené une étude portant sur la vitalité de la zone industrielle, territoire où est concentré le quart des emplois de l’arrondissement.
« On y a constaté une diminution du nombre d’emplois, par rapport à 2006. On a remarqué que plusieurs entreprises avaient déménagé, soit vers la Rive-Nord, la Rive-Sud ou d’autres territoires, » souligne Veronique Fenocchi, directrice générale de la CDEC.
Ces entreprises, qui embauchaient en moyenne de 25 à 50 employés, ont été remplacées par des d’autres qui emploient en général moins d’une douzaine de travailleurs. Conséquence : une perte nette d’emplois.
Les villes et arrondissements de la grande région de Montréal rivalisent afin d’attirer les entreprises.
« Les municipalités périphériques sont très agressives lorsqu’elles font la promotion de leur zone industrielle. Elles donnent des congés de taxes, par exemple. Le coût des bâtiments, au pied carré, est aussi moins cher, » remarque Mme Fenocchi.
Selon la CDEC, plusieurs bâtiments de la zone industrielle de Saint-Léonard, en grande partie créée dans les années 60, sont aujourd’hui vétustes et ne correspondent plus aux besoins des entreprises.
« Par exemple, les normes encadrant la hauteur des plafonds ont changé. Ils sont maintenant plus hauts. Les entreprises sont donc parfois obligées de quitter le secteur. »
Plan de relance
La CDEC a identifié trois secteurs économiques porteurs d’avenir, soit l’alimentaire, la construction et la fabrication de pièces pour automobiles. Ce sont, selon sa directrice générale, des activités où les entreprises sont en croissance, vont relativement bien financièrement et investissent dans la recherche et le développement.
Elle ajoute que c’est le secteur de la construction, ce qui inclut la fabrication, les services professionnels ainsi que le commerce au détail et de gros, qui semble le plus prometteur.
« On veut voir s’il y a une possibilité d’attirer plus de professionnels dans la zone industrielle, comme des designers ou des architectes. Ils seraient plus proches de leurs fournisseurs », plaide Mme Fenocchi.
En ce moment, la CDEC fait le recensement du cadre bâti de la zone industrielle afin de déterminer quels types d’entreprises sont propices à s’installer à Saint-Léonard. Elle doit faire l’inventaire des bâtiments et évaluer leurs caractéristiques, dont la hauteur, les aires de débarquement et la superficie des espaces d’ateliers et de bureau.
« Chaque territoire a son propre marketing, sa propre identité. Développer la nôtre pourrait être une réponse à cette perte d’entreprises », conclut-elle.