Salubrité au Domaine Renaissance: espoir et résignation
Frédérique Charest
« Non, je n’ai pas confiance », confie Nabile Tahi, au sujet d’une éventuelle amélioration des conditions de vie au Domaine Renaissance.
Ce locataire, qui a immigré au Québec il y a 15 mois, s’est installé avec sa femme et ses deux enfants dans un logement du secteur Viau-Robert.
« À première vue, c’était propre et rénové. Mais après un mois, les problèmes sont apparus. C’était une période désastreuse! »
Un jour, il a constaté des piqûres sur sa peau; son appartement était infesté de punaises.
Il a contacté le propriétaire, qui a envoyé les exterminateurs. Toutefois, quelques jours plus tard, les punaises sont revenues, plus nombreuses et plus voraces.
Au total, trois interventions ont été faites dans le logement. Selon le locataire, chacune a été infructueuse.
« On vit dans la terreur. La nuit, la douleur causée par les piqûres nous réveille. Nous vivons un calvaire. »
Manque de communication
La famille Tahi n’est pas la seule à se plaindre des problèmes de salubrité et de punaises au Domaine Renaissance. Dans l’un des immeubles adjacents, nous avons rencontré une résidente qui préfère taire son nom. Cette femme, que nous appellerons Malika, y vit avec son mari et leurs deux enfants.
« Quand on n’arrive pas à dormir, on ne se porte pas bien durant la journée. C’est un désastre », décrie-t-elle.
En un an, les exterminateurs s’y sont présentés cinq fois.
Lors des interventions, on a demandé à la résidente de laver et sécher tous les vêtements du foyer. À quatre dollars par brassée, la facture a été salée pour cette famille vivant avec de faibles revenus.
« Ce qui est essentiel, c’est de ne plus avoir de punaises. Pour y arriver, j’aurais même été prête à tout jeter », fait-elle valoir.
Or, l’infestation n’a pas été enrayée.
Elle déplore le manque de communication entre le propriétaire et les locataires. Selon elle, personne n’a pris le temps de lui expliquer clairement la procédure d’extermination; une carence qui pourrait avoir miné les chances de succès des interventions.
Propriétaire confiant, locataires sceptiques
Le groupe Mach, propriétaire des immeubles, se veut rassurant. Selon son porte-parole, une centaine d’appartements étaient problématiques en 2013. Sans dévoiler de chiffres, il affirme que ce nombre a chuté depuis.
En mai, l’entreprise a entrepris un nouveau plan d’action qui devrait, selon elle, livrer des résultats positifs. La stratégie inclut, entre autres, l’embauche d’une nouvelle firme experte en gestion parasitaire qui lui a été recommandée par des intervenants communautaires.
Malika dit avoir reçu récemment la visite d’un de ses représentants. Venu faire une inspection, il lui a fixé un rendez-vous pour une extermination.
Cette fois-ci, dit-elle, on a pris le temps de lui expliquer la démarche à suivre.
« Quand j’ai vu la nouvelle compagnie, j’ai eu l’espoir que ça va peut-être se régler un jour. Mais tant qu’on n’a pas vu les résultats, c’est difficile », ajoutant que les exterminateurs ne peuvent pas régler les autres problèmes du domaine, comme la vétusté des immeubles.
M. Tahi, lui, demeure sceptique.
« Si on fait l’extermination chez moi, ça ne sert à rien s’il y a encore des punaises dans les logements qui m’entourent. »
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