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Solidarité autour du logement social au Domaine Renaissance

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Les locataires du complexe immobilier Domaine Renaissance, tristement célèbre en raison de l’insalubrité de ses logements, militent pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Au point mort depuis de nombreuses années, le projet de revitalisation semblait voué à l’échec jusqu’à l’arrivée d’un nouveau joueur – le groupe Mach – en janvier 2011. L’avenir du complexe immobilier demeure inconnu. Cependant, des rumeurs laissent entendre qu’une centaine de logements sociaux y seront bientôt aménagés. En appui à cette éventualité, le comité de locataires « Revivre à Renaissance » organisait un rassemblement solidaire, le 28 janvier.

« On a eu de bonnes nouvelles. Le projet n’est pas finalisé, mais on sait qu’il va y avoir une centaine d’unités de logement social », a annoncé Sylvie Dalpé, de l’organisme Action Dignité de Saint-Léonard, qui chapeaute le comité de locataires.

Mme Dalpé dit tenir cette information du Groupe de ressources technique (GRT) Bâtir son quartier, qui est assis avec l’arrondissement de Saint-Léonard et le promoteur autour de la table de négociation.

 

« Nous sommes en contact avec le promoteur et la Ville-centre qui finance le projet. Les négociations sont encore en cours, alors il faut demeurer prudent sur le chiffre avancé. Il n’y a pas encore de projet de déposé et nous ne sommes pas encore parvenus à un accord formel avec le promoteur. Les différents acteurs sont favorables au concept de logement social au Domaine Renaissance et on parle d’une centaine d’unités. Il s’agit d’une échelle de grandeur, et non d’un chiffre exact », précise Erwan Poences, du GRT.

Dans la bonne direction

Même si le projet final n’est pas encore arrêté, le comité estime que les négociations prennent une tournure favorable. L’événement se veut donc une manifestation de l’appui des locataires du Domaine Renaissance aux mesures engagées.

« On ne sait pas encore ce que sera le projet, mais on sait qu’il va y avoir du logement social, alors on célèbre ça et on souligne les efforts fournis. On est conscient que ce n’est pas facile et que ça prend du temps. Les locataires envoient le message qu’ils sont là et qu’ils soutiennent le projet de logement social. Ils sont prêts à s’engager pour que ça marche. Il ne faut pas lâcher la patate!

« Il faut réitérer notre appui et notre position. L’arrondissement n’est pas plus pointé du doigt que la Ville de Montréal ou le gouvernement du Québec qui ont, eux aussi, un rôle à jouer », a fait valoir Mme Dalpé.

Un rassemblement pour et par les locataires

L’événement se voulait revendicateur, mais surtout festif. Quelques dizaines de personnes, dont des représentants de différents organismes de défense des locataires montréalais, ont répondu à l’appel. Au son de la fanfare, la foule a scandé un slogan : « Yen n’a pas de logements, yen n’a pas de logements, ils sont chers, ils sont chers, ils sont chers. S’il y en a, ils ne sont pas pour nous! » Certains automobilistes ont klaxonné pour témoigner leur appui à la cause. Les représentants d’Action Dignité de Saint-Léonard et du FRAPRU, Sylvie Dalpé et Marie-Josée Corriveau, ont ensuite procédé aux allocutions protocolaires d’usage. Des résidents du Domaine Renaissance ont également pris la parole. Tour à tour, ils ont livré un témoignage sur leur réalité quotidienne.

« Chez moi, il y a des bestioles, des cafards. Il y a eu la visite d’exterminateurs, mais ç’a n’a pas changé grand-chose. Je m’inquiète pour ma petite sœur, car elle pourrait être malade. Il nous faut un autre logement », confie Amos Marilus, un locataire du complexe immobilier qui y réside depuis cinq ans avec sa sœur et sa mère. Il soutient que sa famille reste dans leur appartement à cause de « l’aspect financier » et de la proximité des services.

Un autre résident, qui n’a pas souhaité s’identifier, a lui aussi dénoncé l’état lamentable de son logement.

« Je suis arrivé il y a cinq mois et je n’avais pas beaucoup de choix. Je devais rapidement trouver un point de chute et j’ai été mal conseillé. C’est un endroit à éviter. Le logement, ça va… Mais il y a des cafards. Toutefois, je n’ai pas de souris ou de punaises, car si je vois la tête d’une de ces bêtes, je quitte sur-le-champ! Je vais d’ailleurs déménager le mois prochain puisque j’avais signé un bail de six mois », raconte celui qui est arrivé d’Algérie il y a cinq mois avec sa femme et ses deux enfants.

Bernabe Santos, quant à lui, réside au Domaine Renaissance depuis 1991. Inapte à travailler, sa situation financière précaire le contraint à demeurer dans ce complexe immobilier.

« Dernièrement, les plus grands problèmes étaient les coquerelles et les punaises. Les exterminateurs sont venus trois ou quatre fois. Maintenant, je n’ai plus de punaises. Je reste ici, car je suis incapable de payer plus. Depuis 2004, je ne peux plus travailler », explique-t-il.

Le comité de locataire en a également profité pour dévoiler une banderole, qu’il a exhibée lors d’une marche symbolique sur le terrain du complexe immobilier. Le cortège a déambulé au rythme de la fanfare.

Pour en savoir plus:

Reprise des inspections au Domaine Renaissance

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