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L’histoire oubliée du Canada

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Martin Luther King, Rosa Parks, Aretha Franklin, Mohammed Ali, Oprah Winfrey et Barrack Obama ont tous, à leur manière, marqué l’histoire des États-Unis. Alors que ces personnalités afro-américaines sont connues de tous, qu’en est-il de Mathieu Da Costa, d’Olivier Le Jeune et de Marie-Josèphe Angélique ? Ceux-ci ont contribué à façonner le Canada d’aujourd’hui. Afin de rendre hommage à ces héros oubliés, l’Institut Historica Dominion du Canada a lancé un guide pédagogique dédié à l’histoire des Noirs du Canada.

Le fascicule d’une douzaine de pages, retrace le parcours de la communauté noire en sol canadien, de son arrivée en 1608 jusqu’à aujourd’hui. Il s’appuie sur le roman « Aminata » de l’auteur canadien Lawrence Hill, qui raconte l’histoire d’une esclave africaine qui débarque en Nouvelle-Écosse.

Né d’un père Noir et d’une mère Blanche, à Toronto, à la fin des années 1950, M. Hill est particulièrement sensible à l’histoire des Noirs du pays. Ses origines métissées l’ont poussé à faire des recherches afin de trouver des modèles auxquels il pourrait s’identifier.

« De nos jours, c’est toujours un peu difficile d’imaginer ce que nos parents ou nos grands-parents ont pu vivre comme discrimination raciale. Au moment où mes parents se sont mariés, il était presque impossible d’envisager qu’un couple de race mixte puisse vivre ensemble. J’ai grandi dans un milieu où le monde était majoritairement blanc, mais dans une famille noire et blanche », explique l’auteur.

Une histoire méconnue

Lorsque l’Institut Historica Dominion du Canada lui a proposé de participer à la création d’un guide sur l’histoire des Noirs au Canada, M. Hill n’a pas hésité. Selon lui, un tel document était nécessaire.

« C’est un sujet qui est souvent méconnu. Ça va beaucoup aider les enseignants à trouver les ressources nécessaires pour parler d’une histoire que peut-être eux-mêmes ne connaissent pas.

« C’est typique de la part du Québec, mais aussi du Canada, de connaître la culture américaine. C’est plus « confortable » de songer aux défauts moraux de nos voisins qu’aux nôtres. On pointe du doigt les Américains, car ils ont connu toutes sortes de problèmes comme l’esclavage. Ça nous empêche et nous évite de nous attarder à notre propre histoire. C’est paradoxal et triste de constater que les Canadiens connaissent davantage l’histoire américaine », fait-il valoir, soulignant du même coup que le premier esclave de race noire répertorié au Canada était âgé de 8 ans et résidait à Québec.

Le lancement du guide pédagogique francophone fait suite à la parution d’un guide anglophone, tiré de la version originale du roman « Aminata », « Book of Negroes ». La publication a été distribuée à plus de 9000 exemplaires dans 3000 écoles dans sa version anglophone, tandis que la version française a été déployée dans 1500 établissements scolaires bilingues et francophones.

Le guide offre également un volet interactif par le biais d’une plateforme Web. Plusieurs ateliers et thèmes sont proposés afin d’alimenter les discussions autour de la contribution des communautés haïtiennes et africaines au Canada.

Pour en savoir plus:

Lawrence Hill répond aux élèves de Saint-Ex

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