«Ils me disaient que j'étais laide et une menteuse»
On peut dire qu’Eloyse n’a pas eu la vie facile sur les bancs d’école jusqu’à ce qu’elle décide d’en parler publiquement via la Fondation Jasmin Roy.
Moqueries, insultes ou encore tirailleries, elle en a vu de toutes les couleurs. « C’est devenu de pire en pire. Je ne me sentais pas bien, j’avais le cœur gros », dit-elle en entrevue.
Et elle a gardé le tout pour elle jusqu’à ce que sa mère la convainque de tout lui dire.« J’ai attendu avant de le dire parce que je voulais avoir du courage », se rappelle Eloyse.
« Ça faisait au moins deux semaines que je la questionnais et elle ne disait rien. Elle était la petite motivée qui allait à l’école et là, elle ne voulait plus y aller », raconte sa mère, Valérie Dorion.
La confiance de sa jeune fille a été ébranlée, au point où elle pensait que « c’était de sa faute si elle se faisait voler des crayons », ajoute-t-elle.
Y mettre fin
Après s’être questionnée à savoir si était est une « mère trop protectrice », Mme Dorion a trouvé la Fondation et entrepris des démarches pour mettre fin au calvaire de sa fille. Elle a contacté la direction d’école qui lui a dit « qu’elle ne laissera plus rien passer ».
Les parents de la petite fille qui prenait Eloyse pour cible auraient aussi été avisés, mais elle ne lui aurait pas fait d’excuses jusqu’à présent.
Le président de la Fondation, Jasmin Roy, indique que la « méchanceté gratuite » est monnaie courante chez les jeunes. « Les différences sont souvent visées mais ce n’est pas juste ça. Chez les filles, c’est souvent une question de réputation et d’apparence physique », relate-t-il.
Mme Dorion en arrive à la conclusion qu’il faut être attentif aux changements de comportement de son enfant par rapport à ce qu’il vit à l’école.
« Il faut continuer à montrer qu’ils peuvent avoir confiance en nous. Ça vaut la peine de gratter le bobo et ça finit toujours par sortir », soutient-elle.
Projets de prévention
Plusieurs écoles de la Commission scolaire de Montréal font figure de proue avec des initiatives pour contrer l’intimidation, comme l’école secondaire Georges-Vanier.
Samantha Roscani, technicienne en éducation spécialisée, s’est engagée dans plusieurs projets dont s’est doté l’établissement.
Cette dernière organise des ateliers et des mises en situation pour prévenir le phénomène de l’intimidation et de la cyber-intimidation. « Ils doivent comprendre la part de responsabilité qu’ils ont lorsqu’ils écrivent quelque chose sur Facebook, par exemple », mentionne-t-elle.
À cet effet, on retrouve un guide sur la cyber-intimidation à l’intention des parents et des élèves dans l’agenda.
Les capsules de la campagne sur l’intimidation de Jasmin Roy se retrouveront sur les différents sites de Médias Transcontinental.