Sud-Ouest

Amélioration de la situation au CHSLD Yvon-Brunet

CHSLD Yvon-Brunet
Le CHSLD Yvon-Brunet, dans le Sud-Ouest de Montréal Photo: Josie Desmarais/Métro
Frédéric Lacroix-Couture

Considéré comme l’un des établissements les plus affectés au début de la crise, le CHSLD Yvon-Brunet dans l’arrondissement Le Sud-Ouest connaît maintenant des jours meilleurs. Le nombre de résidents atteints de la COVID-19 est stable et le personnel s’avère suffisant, même que la présence des militaires est en surplus.

Ce sont quelques-unes des informations révélées dans le rapport des Forces armées canadiennes (FAC) rendu public mercredi. Le document de 60 pages fait état de la situation des CHSLD du Québec où des soldats se retrouvent en mission.

Une trentaine de militaires soutiennent le personnel de la résidence de l’avenue Newman en accomplissant diverses tâches. «Depuis notre arrivée le 20 avril, la situation du CHSLD s’est grandement améliorée», peut-on lire dans le rapport.

Les soldats ont quitté l’établissement la semaine dernière, a confirmé le CIUSSS du Centre-Sud.

En pleine crise, le personnel était débordé, en manque d’effectif, fatigué et se voyait confronté à une importante charge de personnes symptomatiques, observent en date du 12 mai les FAC.

Les préposés aux bénéficiaires suffisent présentement à la tâche et le personnel médical rétabli du coronavirus revient au travail. Ce retour progressif, jumelé à un taux d’occupation de 55% des lits, génère un ratio employés/résidents plus grand que d’habitude.

«Depuis plus de deux semaines, les équipes (des FAC) sur le terrain rapportent qu’ils sont en surplus et les tâches à accomplir sont terminées rapidement», est-il écrit.

La directrice au soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS Centre-Sud, Ginette Senez, corrobore que le manque de personnel a été causé par des employés tombés malades.

Nombre de cas

Sur les 102 résidents, 16 ont été testés négatifs et 50 étaient positifs, il y a environ deux semaines. La grande majorité étant asymptomatique. À la mi-mai, aucune détresse respiratoire ou de décès liés à la COVID-19 a été rapportée.

Selon les données de Québec, 72 patients sont décédés depuis le début de la pandémie.

Mme Senez mentionne qu’il a été difficile de mettre en place les zones chaudes en raison du dépistage.

«Le grand défi au début, c’était d’avoir les résultats. Tant que les résultats n’étaient pas là, on faisait de l’isolement à la chambre, […] mais on pouvait avoir quelqu’un de positif qu’on ne savait pas encore qu’il l’était, à côté de quelqu’un de négatif qu’on ne savait pas non plus», explique-t-elle.

Concernant la structure organisationnelle, les troupes ne notent aucune lacune. La gestion du CHSLD Yvon-Brunet semble bien fonctionner et des bonnes pratiques ont été mises en œuvre pour mieux contrôler les cas. L’équipement de protection individuelle semblait aussi toujours en quantité suffisante.

Mme Senez n’exclut pas de redemander l’aide de l’armée si une deuxième vague de contamination aussi forte que la première frappait le Québec, d’autant plus que les militaires sont déjà formés pour travailler en CHSLD. Advenant un tel scénario, la décision reviendrait aux gouvernements fédéraux et provinciaux.

Nouvelle campagne

Le premier ministre François Legault a mentionné lors de son point de presse quotidien qu’il n’y avait «pas beaucoup de surprises» dans le rapport des FAC.

Malgré des fonds investis dans les budgets de CHSLD, les nombreux postes nécessaires pour avoir des ratios convenables n’ont pas été pourvus, reconnaît-il.

«On aurait dû augmenter les salaires des préposés aux bénéficiaires», a déclaré M. Legault.

Le gouvernement lancera une vaste campagne visant à recruter 10 000 personnes pour suivre une formation rémunérée de trois mois débutant en juin afin de répondre aux problématiques de pénurie de main-d’œuvre.

Avec la collaboration de Katrine Désautels et Laurent Lavoie

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