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Arts visuels: collection et construction à la Fonderie Darling

L’artiste Sylvia Safdie et sa collection. Photo: Métro Média - Lila Maitre

Une grande collection et une sculpture qui respire: les deux nouvelles expositions présentées à la Fonderie Darling jusqu’au 19 décembre ne manquent pas de nous intriguer. La première présente les œuvres de l’artiste Sylvia Safdie, qui rassemble des objets tels que des pierres, du bois, des coquillages, tous issus de sa collection personnelle. De son côté, l’artiste Philippe Battikha a créé une installation cinétique avec des tapis de dynamitage qui s’associent à une trame sonore sur le thème de la construction.

Nature et collection

La première salle est vaste; au sol plusieurs objets sont répartis en différentes sections. On trouve par exemple de petits cailloux rassemblés en paires, et dont la forme rappelle celle de pieds, parfaite résonance avec le titre de cette collection artistique, As I walk (Comme je marche). « La marche nous connecte à la terre, et nous permet d’avoir une conversation avec la nature», souligne Sylvia Safdie.

Tous ces objets proviennent de la collection de l’artiste, qui les a récupérés au cours de différentes marches. Quand un objet l’interpelle, elle le ramasse. Tous les objets sont triés selon diverses catégories : en plus des cailloux en forme de pied, il y a les pierres en forme de tête et celles en forme d’outils. Les œuvres utilisent des médiums différents, comme le bois, le métal et aussi la vidéo.

Ici, l’artiste mêle l’organique et le minéral avec des matériaux transformés comme le métal. Entre les pierres qui ressemblent à des outils et les fruits moulés et coulés en métal, toutes ses œuvres rappellent la nature, mais aussi inexorablement la trace de l’humain.

Les objets proviennent de plusieurs endroits différents, notamment d’Israël, le pays d’origine de Sylvia Safdie. Cette dernière a immigré jeune au Canada, et demeure marquée par la difficulté d’intégration et l’apprentissage d’une nouvelle langue. « [La collection], c’est ma communion avec la nature, mais c’est aussi mon langage, mon alphabet. »

Son et construction

Dans la petite salle d’exposition de la Fonderie Darling, l’ambiance n’est plus la même. La marche laisse sa place à la construction, avec une sculpture de Philippe Battikha composée d’un assemblage de pneus. Ces amas de pneus sont en fait des tapis de dynamite, utilisés pour absorber le choc des explosions. Fasciné par ces tapis et ayant assisté aux essais d’explosion, l’artiste a choisi d’en faire le médium de son œuvre d’art. « Je vois les tapis de dynamitage comme une métaphore représentant une première couche d’absorption entre cette violence et cette intensité entre le monde intérieur et extérieur. »

L’artiste Philippe Battikha devant la Fonderie Darling – Métro Média/Lila Maitre

Cette installation en mouvement soulève à intervalle régulier les tapis posés sur de petites roches. L’impression de respiration que crée ce soulèvement donnerait presque l’impression d’être face à une créature endormie.

Le son prend une place prédominante dans cette installation intitulée Someone’s always listening (Il y a toujours quelqu’un qui écoute). Philippe Battikha, qui avait quitté le monde de la musique il y a quelques années pour se diriger vers les arts visuels, continue de travailler avec des enregistrements sonores. Ici, on entend des bruits de construction, qui varient en intensité. Ajouté à la sculpture, le son donne une nouvelle dimension et une sensation d’immersion dans un monde parallèle.

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