Dr Google : donner l'heure juste
Pas de chiffres pour le Canada, mais à titre indicatif, selon des données du Pew Research Center’s Internet & American Life Project, 59% des adultes Américains ont consulté Internet au moins une fois l’an dernier pour obtenir de l’information sur une question de santé.
L’autodiagnostic ne date pas d’hier, mais avec Internet, nombreux sont ceux qui se tournent vers le web pour dénicher des conseils médicaux. Or, comment être certains que l’information trouvée est exacte et fiable? Qu’elle n’est pas dépassée ou totalement erronée? «Tapez un mot clé et 10 000 pages sont proposées. Comment départager les choses pertinentes de celles qui le sont moins?», questionne Guillaume Biollay, chargé de communication à la Clinique communautaire Pointe-Saint-Charles.
Le milieu médical réagi face à cette tendance. Il y a quelques années, le Centre universitaire de santé McGill a lancé sur Internet son «Office d’éducation des patients du CUSM». Et voilà que la clinique communautaire a développé son portail «Mieux m’informer sur ma santé et mon bien-être grâce à Internet» (www.ccpsc.qc.ca/node/539).
Outiller les gens
L’initiative appartient à Vera Granikov, une spécialiste de l’information en santé qui travaille au sein du département de médecine familiale de l’Université McGill. Elle a développé le projet avec Guillaume Biollay.
«Très souvent, les gens vont aller sur Internet pour consulter. On sait qu’ils cherchent de toute façon», constate celle qui collabore avec un groupe de recherche qui explore l’utilisation de l’information médicale auprès des professionnels de la santé et des usagers. En regard de cette réalité, autant «les outiller pour les orienter dans la meilleure direction, vers des sites qui sont fiables», dit-elle.
Du même souffle, on veut favoriser chez les gens qui vont déjà sur Internet le développement «d’une perspective plus critique».
Sélection
C’est avec Julia Kleinberg, également spécialiste de l’information en santé, que Mme Granikov effectue la sélection des sites, un choix approuvé systématiquement par un membre de l’équipe médicale de la clinique avant la mise en ligne. «Un médecin valide les choix», dit-elle.
«On choisit des sites administrés par des organismes indépendants à but non lucratif», explique Guillaume Biollay. Pas question, par exemple, de recommander le site d’une compagnie pharmaceutique. On retient uniquement des sites avec de «l’information fondée sur des données scientifiquement prouvées», précise Vera Granikov.
Autre aspect important: le langage doit être accessible pour le grand public.
«Il faut aussi qu’il y ait une mise à jour de l’information. Dans le domaine médical, ça va très vite», ajoute M. Biollay, mentionnant que le portail ira en s’enrichissant. «L’idée est d’ajouter une ressource par mois», dit-il.
Par cet outil, on cherche aussi à «responsabiliser les citoyens par rapport à leur prise en charge de leur santé», mentionne Guillaume Biollay. «Les sites que nous recommandons ici peuvent vous aider à prendre des décisions plus éclairées et à devenir plus actifs dans vos soins de santé», estime Camille Gérin, médecin à la clinique.
Un complément
Des sites fiables, donc. Mais la clinique communautaire le souligne à grands traits: c’est seulement à titre d’information. «Ce n’est pas pour remplacer l’avis d’un professionnel de la santé», insiste Vera Granikov. «Ce sont des outils qui ne se substituent pas à l’avis d’un médecin. C’est un complément», renchérit Guillaume Biollay. «Ça ne remplacera jamais l’avis d’un professionnel.»
Ceux qui n’ont pas Internet
Vous n’avez pas accès à Internet à la maison pour consulter le portail? Des ressources sont accessibles dans le quartier, rappelle-t-on.
Deux organismes proposent l’accès gratuit à des ordinateurs et à Internet: la bibliothèque Saint-Charles située au 1050, rue Hibernia et le Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles situé au 2356, rue du Centre.
D’autre part, Guillaume Biollay mentionne que des ateliers de recherche d’information sur Internet devraient bientôt être proposés au YMCA de Pointe-Saint-Charles.