Citoyens et CN : dialogue impossible ?
Le comité de citoyens a confirmé son intention lors d’une assemblée publique, le 30 mars.
«On aimerait la déposer à l’automne», indique Peter King, un résident de Pointe-Saint-Charles engagé dans le comité.
On travaillera à documenter la plainte au cours des prochains mois avec notamment une nouvelle étude sonore.
Le comité compte «monter un dossier pour arriver à l’OTC avec des demandes concrètes», souligne M. King. On souhaite «faire des recommandations» – proposer des solutions pour améliorer la cohabitation avec les activités ferroviaires.
«On s’est dit « on n’a pas le choix », il faut aller à l’OTC», explique Peter King. «Ça fait plus de cinq ans que Nous et les trains travaille le dossier».
«On est rendu à l’OTC, dit-il. Après cinq ans, on a déjà fait des efforts de médiation.»
On parle d’un problème de bruit et de vibrations lors du passage des trains; du bruit généré lors des manœuvres de triage et d’arrimage de wagons. «Ça se fait 24 heures sur 24», souligne M. King.
«Le niveau de bruit est malsain», dit-il. Un avis de la Direction de santé publique de Montréal déposé l’automne dernier concluait que «les niveaux de bruit mesurés dépassent les 55 décibels suggérés par l’Organisation mondiale de la santé et seraient suffisants pour entraîner des problèmes de santé, dont la gêne et la perturbation du sommeil chez les personnes qui résident à proximité». Les mesures de bruit avaient été réalisées par la firme Décibel Consultants pour le compte du CN.
«Nous ne sommes pas contre les trains», insiste Peter King. «C’est une très bonne façon de déplacer les marchandises». Mais «une cohabitation respectueuse avec les trains est quelque chose qu’on cherche, et on pense que c’est possible», dit-il. «Il faut trouver des compromis.»
Des mesures
Au CN, on rappelle que l’on a mis en place un certain nombre de mesures au cours des dernières années.
Pour atténuer le grincement des roues sur le rail, on a procédé à l’installation de graisseurs à des endroits stratégiques. On a aussi procédé au meulage de la voie ferrée afin de rendre le rail plus lisse et au remplacement d’aiguillages. Le CN a également aboli un quart de travail de nuit à la cour de Pointe-aint-Charles, signale l’entreprise.
Le CN, qui révise actuellement les conclusions du rapport de la Direction de santé publique, n’entend pas commenter pour le moment l’intention du comité de déposer une plainte à l’OTC.
Appui de l’arrondissement
Le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, qui était présent à l’assemblée, explique que son administration entend appuyer le comité Nous et les trains «de façon très active» et «continuer à faire les représentations nécessaires auprès du CN».
«Il faut que les citoyens puissent documenter de manière plus fine les nuisances», dit-il, mentionnant que l’arrondissement devrait aider à la réalisation d’une nouvelle étude sonore.
Par ailleurs, M. Dorais a eu une encontre le 4 avril avec le numéro deux du CN, Sean Finn, vice-président exécutif Services corporatifs et chef de la direction des Affaires juridiques, afin de discuter, entres autres, du dossier du bruit. Le maire parle d’une «bonne rencontre».
«Les gens [du CN] veulent travailler avec nos fonctionnaires», dit-il. «Le CN est ouvert à apporter des améliorations.»
«Je crois à la bonne foi de M. Finn», confie le maire. Mais cela, prévient-il, n’exclut pas le dépôt d’une plainte.
Le CN indique qu’une autre rencontre devrait être organisée prochainement avec les membres du comité.