Le Sud-Ouest cessera ses activités de compostage
Cela fait aussi en sorte qu’une douzaine d’entreprises ne pourront plus y déposer gratuitement des matières organiques.
Le Sud-Ouest est le seul arrondissement à faire le compostage de toutes ses matières vertes. Or, a expliqué le maire Benoit Dorais, «nous allons perdre environ la moitié de l’espace dont nous disposons présentement».
«Cette situation se traduira par un effet domino qui nous force à réévaluer notre manière d’organiser les opérations au clos d’horticulture – où se trouve le site de compostage – et à revoir l’utilisation des surfaces qui demeureront disponibles», a précisé le maire, rappelant que ce service ne fait pas partie de la mission première de l’arrondissement.
Le site devra être libéré d’ici un an. Cependant, le plan d’arrêt est échelonné sur plusieurs mois pour permettre aux matières de compléter le cycle menant à l’obtention de compost. Cela implique nécessairement que l’on cesse d’y déverser de nouveaux résidus. C’est pourquoi l’arrondissement a avisé, il y a trois mois, la dizaine d’entreprises qui profitaient de ce service gratuitement qu’il devait cesser d’accepter leurs résidus organiques.
«Les citoyens ne devraient pas être privés de ce site de compostage, qui aide à la Ville à réaliser ses buts en réduction des gaz à effet de serre», a fait savoir Stephen McLeod, directeur général de Compost Montréal, une entreprise d’économie sociale située dans le Sud-Ouest affectée par cette décision.
Demandant à l’arrondissement de reporter de quelques mois la date de la fermeture «afin d’explorer toutes les options pour garder ouvert cette ressource importante au développement durable de la Ville», Compost Montréal a notamment proposé comme solution de «trouver un autre terrain acceptable pour les opérations de compostage».
Rencontre
Une rencontre avec Compost Montréal, doit avoir lieu dans le but d’accompagner l’entreprise dans ses recherches de solutions, a indiqué l’arrondissement.
«Aucune solution qui entraînerait des retards dans les opérations ou une augmentation des coûts des services aux 72 000 citoyens du Sud-Ouest ne peut être envisagée. Nous ne pouvons que proposer des accommodements à très court terme», a toutefois prévenu M. Dorais.
Le site actuel bénéficiait d’une tolérance exceptionnelle de la part du ministère de l’Environnement en ce qui a trait à son aménagement, a-t-il souligné. «La création d’un nouveau site nécessiterait l’achat et l’aménagement d’un autre terrain ainsi que des démarches laborieuses auprès du ministère, ce qui engendrerait des coûts exorbitants», a fait valoir le maire Dorais. «Ce ne serait pas responsable de la part de l’arrondissement d’aller dans ce sens, dans le contexte où, d’ici cinq ans, nous aurons mis en place les équipements adéquats à l’échelle métropolitaine pour gérer les matières putrescibles», a-t-il dit.
De plus, du point de vue de l’équité fiscale, «il ne serait pas normal, selon le maire, que le Sud-Ouest assume seul tous ces nouveaux coûts pour accommoder des organismes et des entreprises dont une grande partie des matières proviennent de l’extérieur de l’arrondissement». (AD)