Zones scolaires : on lève le pied
«C’est sûr que limiter la vitesse, c’est toujours un geste intelligent à poser», estime Karine Robitaille, une jeune mère rencontrée sur la rue Saint-Antoine, près de l’école Saint-Henri, l’un des secteurs visés par la modification. «Il y a de plus en plus de circulation», a-t-elle constaté.
Différentes étapes devront être franchies avant l’entrée en vigueur du changement. «En décembre, on devrait voir apparaître la signalisation. Peut-être avant», indique le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais.
L’arrondissement voulait que cette limite de vitesse s’applique sur le réseau artériel, comme c’est le cas pour le réseau local. L’augmentation de la circulation de transit provoquée par les grands chantiers routiers, dont la réfection de l’échangeur Turcot, a rendu cette volonté encore plus pressante.
Le changement touchera des secteurs des rues Notre-Dame Ouest, Saint-Antoine Ouest, Saint-Jacques et Wellington. On trouve dans les zones ciblées les écoles Saint-Henri, Ludger-Duvernay, James-Lyng et St. Gabriel.
Ce n’est pas d’hier que cette modification est souhaitée, rappelle Benoit Dorais. La Commission scolaire de Montréal la réclamait depuis plusieurs années. «Déjà, quand j’étais commissaire scolaire, je trouvais que ça n’avait pas de sens, une limite de 50 km/h en zone scolaire», confie le maire. «On était vraiment rendu là. C’est ce que demandaient les familles», confirme la commissaire scolaire dans Saint-Henri–Petite-Bourgogne–Pointe Saint Charles, Violaine Cousineau.
Convaincre la Ville
Il fallait toutefois convaincre la ville centre, responsable du réseau artériel.
«Les ingénieurs disaient que pour assurer la fluidité de la circulation, ça doit être à 50 km/h», explique M. Dorais. «J’ai fait mon pèlerinage auprès de chacun des responsables du transport. Je n’ai jamais lâché», relate-t-il, jugeant que l’ampleur des travaux routiers dans le Sud-Ouest a probablement pesé dans la balance. «Ce qui a joué en notre faveur, ce sont les travaux sur Turcot, Champlain, Bonaventure», croit le maire.
Responsable du dossier du transport au comité exécutif de la Ville, Aref Salem rappelle qu’il y a eu un changement d’administration à l’hôtel de ville en novembre. Il parle d’une administration «plus ouverte».
«On aimerait harmoniser cela à la ville au complet», dit-il. «Il y a une volonté d’aller chercher les meilleures pratiques.»
«On voit ça d’un bon œil», se réjouit Louise Fortin, directrice du CPE Biscuit situé sur la rue Saint-Antoine. Elle aussi a remarqué une augmentation de la circulation aux heures de pointe.
Pour Jean-Philippe Emond, agent de mobilisation à la Table Enfance-Famille des quartiers Saint-Henri et Petite-Bourgogne, «la circulation est devenue un enjeu avec les travaux sur Turcot et la fermeture de bretelles». Il identifie particulièrement le quadrilatère formé des rues Saint-Jacques, Saint-Antoine, du Couvent et Saint-Ferdinand, là où l’on retrouve trois écoles et un CPE. «On avait reçu des plaintes de plusieurs parents», dit-il.
Pour la commissaire Violaine Cousineau, il faut que le quadrilatère «devienne un milieu convivial». À son avis, «le 30 km/h, c’est un pas dans la bonne direction».
«C’est le départ de quelque chose», reconnaît la commissaire. «Il faut un cocktail de mesures pour arriver à quelque chose de sécuritaire et d’agréable.»