Un chantier de construction… pour femmes seulement
Le chantier avance bien au 5230, Turcot. Lors du passage de La Voix Pop, les travailleuses d’affairaient à installer le plancher du sous-sol. Elles mettaient en place le coupe-vapeur avant de visser les feuilles de contreplaqué. Du 9 au 22 septembre, cent femmes bénévoles auront mis la main à la pâte et contribué à la réalisation de ce projet d’Habitat pour l’humanité, un organisme sans but lucratif qui permet à des familles à faible revenu d’accéder à la propriété. Caroline Cyr est l’une d’elles. La designer d’intérieur a été la première à s’inscrire. «J’avais très hâte d’essayer ça», confie-t-elle. En plus d’appuyer une cause humanitaire, celle qui aime bricoler souhaitait élargir ses connaissances en construction. «Je n’ai pas peur d’essayer si on me l’enseigne», dit-elle. «Avec de bons professionnels, on arrive à faire des choses.» Comme toutes les autres bénévoles, Caroline Cyr devait recueillir une somme de 250$ pour prendre part au projet. Elle a sollicité les amis, la famille, les membres de son réseau professionnel. Résultat: elle a amassé autour de 700$. C’est un volet important du programme Les Bâtisseuses, souligne Anne Bergeron, chargée de projet chez Habitat pour l’humanité. Outre le fait que l’argent sert à la réalisation des projets, cette collecte de fonds aide à faire connaître l’organisme présent dans une centaine de pays. Caroline Cyr a constaté le besoin d’en faire la promotion. «Les gens ne connaissent pas ça du tout, dit-elle. C’est la première fois qu’ils en entendaient parler.» Annika Mongraw travaille dans un bureau. Ayant droit à une journée de congé, elle a décidé de la passer à jouer du marteau. La jeune femme adore le bricolage. «J’aime me salir les mains», avoue-t-elle. À la maison, c’est monsieur qui cuisine et c’est madame qui sort le tournevis quand vient le temps d’installer des tablettes. Un des plus beaux cadeaux qu’elle s’est offert au cours de la dernière année: une perceuse, lance-t-elle en riant. Le programme Les Bâtisseuses lui fournit l’occasion de conjuguer son intérêt pour la construction et son désir d’appuyer Habitat pour l’humanité. «C’est une si belle cause», mentionne celle qui a récolté plus de 400$. Son expérience l’emballe. «On fait quelque chose de concret», dit-elle.
75% de femmes
Seul homme sur le chantier, Jean-François Deschênes, directeur de construction chez Habitat pour l’humanité, ne tarit pas d’éloges sur les travailleuses à qui il prodigue trucs et conseils.
«Elles sont super bonnes», exprime-t-il.
Chez Habitat pour l’humanité, on a l’habitude alors que sur les chantiers, 75% des bénévoles sont des femmes, précise-t-il.
Ça travaille dans la bonne humeur. «Les femmes sont ici parce qu’elles le désirent», souligne M. Deschênes.
Implanté au Canada en 2001, le programme Les Bâtisseuses en est à sa première année au Québec. Il s’adresse à «des femmes qui veulent apprendre comment faire de la construction», note Anne Bergeron, mais aussi à des femmes solidaires qui désirent contribuer à briser le cycle de la pauvreté.
Pour plus d’information sur le programme Les Bâtisseuses, sur Habitat pour l’humanité ou pour faire un don, on visite le www.womenbuildquebec.myevent.com/.
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