Situation financière: le boom immobilier sauve l'arrondissement du Sud-Ouest
En présentant son rapport sur la situation financière de l’arrondissement lors de la séance du conseil du 11 septembre, le maire Benoit Dorais a bien souligné à quel point l’important développement immobilier que connaît le Sud-Ouest lui permet de garder la tête hors de l’eau.
Son administration a maintes fois dénoncé un sous financement et réclamé à la ville centre une bonification de son enveloppe budgétaire. Après six années de non-indexation, les choses pourraient s’améliorer à compter de l’an prochain, a indiqué le maire.
Mais les chiffres de 2011 et 2012 permettent de constater «à quel point les finances de l’arrondissement sont fragiles puisque tributaires de la vitalité du secteur de la construction», a-t-il déclaré. «En effet, a mentionné M. Dorais, année après année, nous finançons notre déficit structurel par les revenus des permis de construction et ceux de l’occupation du domaine public.»
Ainsi, l’année financière 2011 s’est terminée avec un surplus budgétaire de 4,2 M$, dont un surplus de 3,7 M$ des recettes escomptées provenant essentiellement de l’émission des permis concernant les nouvelles constructions, a expliqué le maire.
Et le scénario risque de se répéter pour l’année 2012. Après six mois, l’administration prévoyait boucler l’exercice financier avec un déficit des dépenses de 2,3 M$, sur un budget de fonctionnement de 53 M$, mais un déficit qui devrait être compensé par un dépassement des recettes de 3,9 M$. Encore là, le développement immobilier devrait jouer un rôle majeur du côté des rentrées d’argent.
1,1 M$ pour les parcs
Après six années de non-indexation donc, la ville centre a décidé d’indexer la dotation des arrondissements de 2,2% en 2013 et de leur céder un espace fiscal équivalent à 0,05$ par 100$ d’évaluation.
«En 2014, cet espace fiscal sera de 0,05$ additionnels pour 100$ d’évaluation», a signalé le maire. «Nous espérons que cela sera suffisant pour arrêter la saignée provoquée par l’augmentation des coûts de main-d’oeuvre et d’augmentation des contrats, surtout que de nouveaux paramètres budgétaires pour les arrondissements seront connus l’an prochain», a-t-il dit.
«Maintenant que nous nous sommes dotés d’un meilleur outil de prévision des recettes non récurrentes, nous pouvons sans grand risque ajuster à la hausse la cible des recettes attendues du développement immobilier, de façon à annuler une partie du déficit structurel et à améliorer les services à la population», a-t-il fait observer, insistant sur le fait que «nos ressources principales doivent être investies dans les services de proximité».
«Après avoir consolidé les finances de notre arrondissement et compte tenu de la promesse de la Ville centre de nous accorder une certaine indexation, je considère que nous pouvons enfin dégager une marge de manoeuvre tout en demeurant prudents, le cadre budgétaire de Montréal étant en mutation», a soutenu Benoit Dorais. Dans cette optique, a-t-il annoncé, «lors de l’adoption du budget [prévue le 18 septembre], je proposerai au conseil d’arrondissement d’utiliser une partie de nos surplus pour répondre à des besoins urgents de nos concitoyens». Il sera proposé «d’investir 1,1 M$ dans nos parcs, afin d’installer des modules de jeux pour enfants, réparer ou refaire des aménagements, et dans le maintien des activités que nous jugeons essentielles», a fait savoir le maire.