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Taverne Magnan: le bâtiment sera démoli

Photo: Archives TC Media

Le bâtiment de Pointe-Saint-Charles occupé pendant 82 ans par la taverne Magnan ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Il sera rasé au cours des prochains mois par le propriétaire, qui souhaite construire un immeuble d’habitation.

Réuni le 16 février, le comité d’étude des demandes de démolition de l’arrondissement du Sud-Ouest a considéré des facteurs tels que l’état du bâtiment, sa valeur patrimoniale et le projet de remplacement. Il n’a reçu qu’une lettre d’opposition à la démolition.

Le comité a accordé le permis avec certaines réserves. Il demande notamment qu’un plan de commémoration rappelant la présence pendant huit décennies du restaurant Magnan, fermé en 2014, soit déposé par le propriétaire.

Il réclame aussi une consultation avec la communauté pour le développement du projet de remplacement.

La firme d’architectes chargée de l’étude patrimoniale accorde une «valeur historique à l’établissement, mais pas au bâtiment». Aux yeux des spécialistes, il «n’a pas de valeur architecturale».

«On est très sensible à la mémoire de l’établissement, souligne l’architecte Martin Leblanc, qui travaille avec le propriétaire. On veut vraiment faire quelque chose de bien à Pointe-Saint-Charles.»

Il n’y a aucun fini d’origine à l’intérieur et l’enveloppe extérieure a été refaite en 1979.

Nécessitant d’importantes réparations, le bâtiment de 23 000 pieds carrés situé à l’angle des rues Saint-Patrick et Charlevoix présente une «compartimentation multiple» qui témoigne d’une succession d’agrandissements par l’intérieur effectuées depuis les années 1930. Cet aménagement rend difficile son utilisation dans son état actuel.

Nouveau bâtiment
«Nous voulons faire un projet mixte qui ramènerait du commerce dans le secteur», explique le propriétaire, Michael Bertone.

Tel qu’expliqué par TC Média la semaine dernière, il prévoit construire un bâtiment de trois étages avec des commerces au rez-de-chaussée et 52 unités d’habitation aux étages. «C’est du logement locatif qu’on veut faire», précise-t-il.

Potentiel de restauration
Au cours de la même séance, les membres du comité ont refusé d’accorder le permis de démolition demandé par le propriétaire de la maison située au 119, Rose-de-Lima, dans Saint-Henri.

Il souhaite démolir le bâtiment de deux étages construit en 1860 pour construire un immeuble de six logements.

Le comité a reçu 12 lettres de citoyens opposés à la démolition de la maison ouvrière, l’une des premières habitations du village de Saint-Augustin qui s’est développé à partir de 1855.

Architectes et ingénieurs soulèvent dans leur rapport des problèmes de fondation et de structure. Tant l’intérieur que l’extérieur ont été refaits au fil des ans. «Il n’y a aucun élément d’origine apparent», souligne la firme d’architectes, qui estime que la maison possède «une faible valeur patrimoniale se limitant à son ancienneté».

Malgré ces avis, le comité n’est pas convaincu de l’absence de «potentiel de restauration» du bâtiment. Ses membres disent vouloir encourager la préservation des immeubles anciens.

Les opposants aux décisions rendues par le comité ont un délai de 30 jours pour faire appel.

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