Île-des-Sœurs
16:30 28 mai 2020 | mise à jour le: 28 mai 2020 à 16:30 temps de lecture: 4 minutes

La situation s’améliore au Manoir de Verdun et se complique à Réal-Morel

La situation s’améliore au Manoir de Verdun et se complique à Réal-Morel
Photo: IDS/Verdun - ArchivesLe Manoir de Verdun a une capacité de 220 lits et 176 sont occupés présentement.

Le Manoir de Verdun était l’un des établissements les plus touchés par le coronavirus au début de la crise. La situation semble désormais sous contrôle notamment parce que le personnel manquant est de retour au boulot. Toutefois, le CHSLD Réal-Morel connaît un peu plus de difficulté.

C’est ce que révèle le rapport des Forces armées canadiennes (FAC) rendu public mercredi. Le document de 60 pages fait état de la situation des CHSLD du Québec où des soldats se retrouvent en mission.

Depuis le 8 mai, 32 militaires sont venus prêter main-forte au centre d’hébergement Réal-Morel, situé sur la rue Wellington. L’établissement a connu une éclosion plus tardivement, fait savoir la directrice au soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS Centre-Sud, Ginette Senez.

En chiffre

  • Centre Réal-Morel: 9% des résidents atteints de la COVID-19 (par rapport au nombre de lits occupés). Total de 21 décès (depuis le début de la pandémie).
  • Manoir de Verdun: 4% des résidents atteints de la COVID-19 (par rapport au nombre de lits occupés). Total de 26 décès (depuis le début de la pandémie).

Le taux de propagation de la COVID-19 a augmenté d’environ 10% depuis le début du mois.

«Le mouvement du personnel médical d’un quart à l’autre fait en sorte de mettre en place des conditions propices à une éclosion», peut-on lire dans le rapport.

Manque de personnel

Réal-Morel subit le même défi qu’a connu le Manoir de Verdun au mois d’avril, c’est-à-dire que beaucoup d’employés sont tombés malades et ne peuvent donc plus travailler, explique Mme Senez.

Toutefois, il y a un retour progressif de 15% des employés réguliers par rapport aux premières journées où les militants sont arrivés sur place. Néanmoins, il y a toujours un manque de main-d’œuvre lors des quarts de nuits et de fin de semaine. Les horaires sont présentement en ajustement pour s’assurer de combler les besoins durant ces périodes.

Amélioration

Les FAC travaillent au CHSLD du Manoir de Verdun depuis le 20 avril et constatent que la situation s’est amélioré en soulignant que le taux d’infection s’est stabilisé depuis les dernières semaines. Au départ, 50 des 220 résidents étaient atteints de la COVID-19 alors que ce taux est désormais estimé à 60 sur 175 personnes.

Le rapport relève «une difficulté dans la planification et la coordination du travail.» Mme Senez explique que l’établissement a été aux prises avec des éclosions très importantes au début de la pandémie. De plus, seulement la moitié du personnel médical était présent.

«Pour certains quarts de travail, nos gestionnaires étaient sur le terrain à passer des médicaments et à donner des soins directs. Ils devaient gérer et organiser les soins en plus de les donner», détaille Mme Senez.

Maintenant, les employés qui étaient tombés malades sont guéris et retournent graduellement au travail, après avoir reçu deux tests négatifs au dépistage.

Délais

Les résultats des tests de dépistages prenaient jusqu’à sept jours avant d’être connus alors que maintenant cela se fait en moins de 24h. Cela a notamment retardé la mise en place des zones chaudes. Des usagers atteints de la COVID-19 pouvaient ainsi se retrouver près d’autres usagers pas encore infectés, puisqu’on ne connaissait pas leur statut.

D’autre part, la pénurie d’équipement n’est plus un problème dans les deux CHSLD. Des blouses lavables sont désormais reçues chaque semaine pour permettre de créer un inventaire. «On se retrouvera plus en pénurie comme au départ où on comptait les blouses à la pièce», indique Mme Senez.

Elle n’exclut pas de redemander l’aide de l’armée si une deuxième vague de contamination aussi forte que la première frappait le Québec et que la situation se compliquerait à nouveau dans les CHSLD. D’autant plus que les militaires sont déjà formés. Advenant un tel scénario, la décision reviendrait aux gouvernements fédéraux et provinciaux.

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