Île-des-Sœurs
06:00 12 août 2020 | mise à jour le: 10 août 2020 à 16:42 temps de lecture: 4 minutes

Forger l’estime de soi par le travail 

Forger l’estime de soi par le travail 
Photo: Katrine DesautelsJordy Donchi travaille au Renaissance à Verdun. 

Le programme d’insertion de l’entreprise Renaissance, qui aide des personnes à intégrer le marché du travail, a continué d’offrir un suivi avec ses participants durant le confinement. Plusieurs en ressortent transformés, comme Jordy Donchi qui a amorcé un retour au travail à la succursale de Verdun.

Il a entendu parler du programme d’insertion alors qu’il naviguait sur le web, un hasard qu’il ne regrette pas. «Je suis une personne qui veut être bien encadrée, raconte-t-il. Je me suis dit qu’avec [ce programme] je pourrais développer mes compétences et m’améliorer en tant qu’humain et en tant que professionnel.»

Le LaSallois a déjà eu d’autres expériences de travail avant son entrée en poste chez Renaissance, mais il conservait rarement ses emplois longtemps. Par le passé, plusieurs employeurs étaient intéressés à l’embaucher, mais il avait de la difficulté lors des entretiens, mentionne-t-il. «Pendant une entrevue, je voyais qu’il me manquait quelque chose, expose-t-il. C’est là que Renaissance est très avantageux pour moi, il y a beaucoup de suivi et des pratiques d’entrevues.»

Les compétences développées lors du parcours comme le travail d’équipe, la productivité ou le savoir-être, servent concrètement en milieu professionnel, explique la directrice des services socioprofessionnels chez Renaissance, Karine-Katia Cole. «Toutes les personnes qui viennent chez nous ont un bagage de vie riche. Ils ont besoin d’un coup de pouce pour reprendre confiance en eux. On l’entend tout le temps», mentionne-t-elle.

M. Donchi abonde dans le même sens. «L’un de mes défis c’est le charisme, dit-il. Je sais que j’ai des points forts et que je peux donner beaucoup à des employeurs, mais c’est plus ma confiance en moi qui est problématique.»

Pandémie

Avant que la pandémie ne vienne paralyser les différents secteurs économiques, Jordy Donchi avait effectué sept des 26 semaines du parcours. Durant le confinement, les participants au programme d’insertion ont continué leur cheminement à distance.  De plus, une intervenante les appelait hebdomadairement pour s’assurer que tout allait bien.

«J’aime ça savoir que je suis utile quelque part et que je peux aider un employeur. Avoir des responsabilités, c’est vraiment gratifiant et ça m’aide beaucoup justement pour ma confiance en moi de savoir que je peux être bon quelque part.»

-Jordy Donchi

M. Donchi a maintenant complété 24 semaines. À cette étape, il se prépare pour les entrevues et peut débuter sa recherche d’emploi. «L’une des choses que j’aime beaucoup du parcours, c’est qu’on se sent très encouragé. Surtout moi, je suis une personne qui a besoin d’encouragement. Ça m’aide alors vraiment», relate-t-il.

Mme Cole mentionne qu’il n’est pas rare d’être témoin de transformation majeur chez les candidats. «On les revoit six mois plus tard au local de recherche d’emploi et la majorité du temps ce sont des personnes transformées. Ils ont une posture qui est fière, une confiance, il y a un pétillant dans leurs yeux qu’on ne trouvait pas quand ils sont arrivés chez Renaissance», souligne-t-elle.

Avenir

Quelques participants ont abandonné le programme en raison de la pandémie, ce qui a surpris la directrice. Elle explique que des personnes ont eu peur de revenir au travail et certains avaient une prédisposition de santé.

Le programme va quand même toujours bon train et l’an passé les statistiques de placement en emploi affichaient un taux de 88%. Mis sur pied il y a 25 ans, cette initiative s’adresse à des personnes qui vivent des obstacles à l’emploi. Cela peut être un jeune qui a décroché de l’école, une personne qui a vécu une dépression et qui n’a pas été sur le marché depuis un certain temps ou encore une personne immigrée qui veut acquérir une expérience de travail québécoise.

L’un des atouts du parcours est que tous les participants sont rémunérés, pas seulement en travaillant dans les friperies Renaissance, mais en avançant leur cheminement avec l’intervenante. Ils ont un salaire pour toutes leurs heures passées avec l’intervenante et même lorsqu’ils sont en recherche d’emploi.

Jordy Donchi s’affaire à cette tâche. Il envisage de s’engager dans un programme universitaire, mais analyse toujours ses champs d’intérêt pour le moment.

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