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Les violences sexuelles absentes du débat des chefs

Le collectif La voix des jeunes compte posant devant la maison Radio-Canada avant le débat des chefs du 22 septembre. Photo: David Beauchamp, Métro Média

Plusieurs personnes se sont présentées à la maison de Radio-Canada hier soir, en marge du débat, afin d’envoyer divers messages aux chefs. Parmi eux, le collectif La voix des jeunes compte est venu interpeller à nouveau les candidats pour qu’une loi encadrant les violences sexuelles en milieu scolaire soit adoptée.

Arrivées avant les chefs, après une marche symbolique, les jeunes femmes qui constituent le collectif La voix des jeunes compte étaient enthousiastes à l’idée d’avoir un impact sur le processus du débat qui allait se tenir le soir-même.

«Je me sens pleine d’énergie, et je suis optimiste de voir la question des violences sexuelles envers les jeunes être abordée aujourd’hui», affirmait Theryanne, membre du collectif, à son arrivée sur place.

Même son de cloche pour sa camarade Youveline, qui se disait heureuse d’avoir cette opportunité d’influencer le débat pour y intégrer cette cause. «Je suis contente d’avoir l’opportunité d’être ici puisqu’on n’a pas vraiment soulevé les thématiques en lien avec les jeunes pendant la campagne électorale. J’espère que ça va se faire aujourd’hui parce que c’est un sujet important», explique la jeune activiste.

Un optimisme réaliste

Pour Kenza, également membre du collectif, c’était un mélange d’optimisme et de réalisme qui animait sa présence devant les locaux de Radio-Canada. «Jusqu’à maintenant, on n’a pas vu d’actions de la part des politiciens. On espère qu’ils vont s’engager à prendre des actions concrètes au lieu de faire des promesses vides», a-t-elle dit avant le débat.

Youveline soutenait quant à elle que les nombreux scandales et le traitement médiatique des violences sexuelles n’a pas été suffisant pour faire changer les choses. «On a beaucoup parlé de ce sujet dans la dernière année et dans les derniers mois, mais on est toujours là à revendiquer. Il ne faut pas attendre qu’un scandale survienne avant qu’on y porte attention.»

Pas d’écho lors du débat

Même si les membres du collectif étaient présentes, avec leurs affiches en mains et criant leur slogan, «metooscolaire», à l’arrivée des chefs, la question des violences sexuelles a tout de même été absente du débat.

Nous sommes déçues, mais pas étonnées, de constater l’absence de discussions sur cet enjeu au débat. Je suis personnellement déçue pour les filles qui s’occupent de leurs familles, qui travaillent et qui militent pour d’autres causes bénévolement. Ça ne devrait pas être aux jeunes de lutter pour leur propre sécurité mais aux élus de le faire.

Une des coordonnatrices du collectif qui a préféré garder l’anonymat pour donner l’attention aux jeunes.

À noter qu’aucun chef de parti n’est venu saluer le collectif, «mis à part Gabriel Nadeau-Dubois qui nous a peut-être fait un clin-d’œil», affirme la coordonnatrice.

Les jeunes femmes étaient quant à elles fières d’avoir pu envoyer un message et de continuer à être des actrices de changement.

«On ose croire que [les gens au] gouvernement devraient se mettre tous ensemble afin de lutter concrètement pour les jeunes au lieu de faire des promesses qui n’aboutissent pas. On ne baissera pas les bras de sitôt et on va continuer à lutter pour l’adoption d’une loi-cadre dans les écoles tant que le gouvernement n’aura pas agi en ce sens», ont conclu les membres du collectif d’une même voix.

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