La Piaule : 25 ans au service des jeunes de la Petite-Patrie

La Piaule : 25 ans au service des jeunes de la Petite-Patrie
Photo: Emmanuel DelacourChristine Leclerc, coordonnatrice et Mathieu Lavoie, ancien membre et aujourd’hui animateur de La Piaule.

Un organisme communautaire de la Petite-Patrie célèbre cette semaine ses 25 ans. Un quart de siècle pendant lequel il a offert lieu de rencontre et de socialisation pour les jeunes du quartier.

La Piaule, située depuis 4 ans sur le boulevard Saint-Laurent, entre les rues Dante et Saint-Zotique, accueille les adolescents âgés de 12 à 17 ans, du lundi au vendredi en après-midi et en soirée.

Le local aura permis à nombreux d’entre eux de trouver un endroit pour se réunir après l’école.

« Sans La Piaule, j’aurais sans doute passé mes journées chez moi à jouer avec ma PlayStation. Aller là m’a aidé à me faire des amis et à développer ma capacité à aller vers autres. » -Mathieu Lavoie, un ancien membre qui est aujourd’hui animateur pour l’organisme.

Selon Christine Leclerc, coordonnatrice du local, ce sont surtout de jeunes du secteur et de la polyvalente Lucien-Pagé, située un peu plus au nord, dans le quartier Villeray qui fréquentent les lieux.

« Ça leur donne un lieu sécuritaire pour se retrouver ensemble au lieu de traîner dans la rue. Ainsi, ils peuvent se voir après les cours, opportunité qu’ils n’auraient pas autrement, parce que plusieurs habitent plus loin et n’ont pas le temps d’être avec leurs amis. En moyenne, il y a une quinzaine d’entre eux qui reviennent chaque jour », explique-t-elle.

Il arrive que quelques-uns des jeunes qui visitent l’endroit vivent des situations personnelles ou familiales difficiles, confie cette dernière. L’organisme repose donc sur le principe d’intervention sociale dans certains cas.

« Pour eux, ces problèmes peuvent devenir un boulet qui les brime énormément dans leur processus scolaire. On essaie de leur donner des solutions pour qu’ils s’en sortent », souligne Mme Leclerc.

Avec deux animateurs offrant des activités, une table de ping-pong, de billard, des jeux vidéo et un espace pour faire leurs devoirs, tout est là pour plaire aux jeunes.

La Piaule propose aussi la participation dans des équipes sportives locales. D’ailleurs, celle-ci prend part aux Jeux de la rue de Montréal, programme qui se tient deux fois par année et lors duquel des compétitions gratuites sont organisées pour les adolescents vulnérables.

Pour souligner le 25e anniversaire de La Piaule, un cocktail dinatoire est prévu le 25 octobre, à la salle mandoline du Marché Jean-Talon. La fête sera animée par le musicien Marco Calliari et tout l’argent amassé servira aux activités de l’organisme.

Manque de financement

L’organisme La Piaule perdra jusqu’à 50 % de ses fonds dans les trois prochaines années.

Un remaniement d’enveloppes budgétaires octroyées par la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal pour les groupes communautaires intervenants dans les milieux de la petite enfance et de la jeunesse fait en sorte que plusieurs d’entre eux y perdent au change.

La mesure Milieux de vie favorable, un montant pour les groupes communautaires, a été revue à cause d’une récente réévaluation de l’indice de vulnérabilité des quartiers de Montréal.

Ainsi, certains secteurs de la métropole qui n’avaient jamais bénéficié de cet argent verront des sommes accordées pour la première fois à leurs organismes durant les prochaines années. Cependant, cela risque de se faire aux dépens d’autres regroupements déjà établis, craint Christine Leclerc, coordonnatrice de La Piaule.

« Par exemple, Mercier n’a jamais eu d’argent. C’est donc une bonne chose qu’on les inclut enfin et nous ne sommes pas contre, mais ça provoque des coupures de notre côté, car les enveloppes budgétaires sont fermées », souligne-t-elle.

Selon un document monté par des groupes des quartiers de La Petite-Patrie et Villeray, La Piaule, qui partage un budget avec l’organisme de Villeray Station 13/17, verrait son financement pour le projet « Participe à ton avenir » passer de 36 374$ en 2018-2019, à 25 234$ en 2019-2020, pour descendre à 19 326$ l’année suivante et finalement se retrouver à 13 528$ dans trois ans.

Au total la DSRP de Montréal accorde annuellement 4 242 766$ aux groupes œuvrant dans le milieu de la petite enfance et 2 811 696$ à ceux travaillant dans le secteur de la jeunesse, dans le cadre de ces « mesures ».

Du côté de la DRSP, on indique que la révision de l’allocation du financement s’est faite avec la collaboration des acteurs du communautaire et qu’elle a reçu l’aval de la plupart d’entre eux.

La DRSP se dit consciente des impacts que subissent certains groupes, mais rappelle que les organismes communautaires de plus de la moitié des territoires montréalais ont connu une hausse de subvention dans leurs projets jeunesse et petite enfance.