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Verdir les cours d’école : encore des défis

Le potager de l’école Saint-Barthélemy. Photo: Coralie Hodgson/Métro Média

Il reste encore beaucoup de travail à faire pour verdir les cours d’école montréalaises. Si les initiatives porteuses se multiplient, le manque d’espace et de financement freine encore trop souvent les projets.

« [Les cours d’école montréalaises] ne sont pas très intéressantes. C’est un peu dénudé, souvent un gros îlot de chaleur », remarque Josée Labelle, architecte paysagiste et membre du conseil d’administration du Lab-école.

Travaillant régulièrement avec le Centre de services scolaires de Montréal (CSSDM), elle remarque pourtant que le personnel a à cœur de les rendre « plus stimulantes ».

À son avis, la petite taille des cours d’école montréalaise représente un obstacle majeur au verdissement: une concentration d’élèves trop élevée risque de causer trop de piétinement, abîmant ainsi le gazon.  « Le défi est d’essayer de trouver un équilibre entre verdir et donner des espaces de jeu aux enfants. »

Planter des arbres permet de créer de l’ombre et de libérer des espaces au sol. Le paillis, pour sa part, « réduit les îlots de chaleur, et prévient la compaction du sol », explique-t-elle.

Intégrer des jardins communautaires dans les cours d’école est une autre option combinant verdissement et pédagogie. Le potager du pavillon Sagard de l’école Saint-Barthélemy est un exemple intéressant, selon Mme Labelle. Un succès qu’elle attribue en grande partie à l’engagement des parents.Les écoles pourraient à son avis contribuer à lutter contre le manque d’espace dans les jardins communautaires.

« Les cours sont vides l’été. S’il y avait des partenariats, entre [les centres de services scolaires, les arrondissements et les jardins communautaires], il pourrait y avoir une prise en charge l’été. »

Le financement : le nerf de la guerre

Malgré l’intérêt croissant pour le verdissement, Mme Labelle souligne que l’asphalte reste une option encore souvent utilisée. En effet, ce matériau peut être pratique, peu coûteux, et demande peu d’entretien, ce qui réduit les coûts à long terme.

Pour Marc-André Carignan, chroniqueur en développement urbain et auteur du livre « Les écoles qu’il nous faut », le financement est définitivement le nerf de la guerre. « Souvent, on asphalte en se disant qu’on arrangera plus tard. Mais après, juste enlever l’asphalte vient couper une partie des budgets », déplore-t-il.

À son avis, le financement gouvernemental est souvent donné en priorité aux projets de rénovation des écoles en désuétude. Les cours d’école doivent se contenter de financement « à coups de 15-20-25 000$ ».

M. Carignan tient cependant à souligner que la situation des cours d’école s’améliore au Québec. Des communautés se mobilisent de plus en plus pour faire avancer les projets et fournir du financement.

À Montréal-Nord, l’école secondaire Calixa-Lavallée a d’ailleurs mis sur pied un projet de jardin communautaire évalué à 100 000 $. Seuls 25 000 $ ont été investis par le gouvernement du Québec. Des partenaires ont complété le financement.

Repenser les cours d’école

Bien que le verdissement joue un rôle important dans l’amélioration des cours d’école, Marc-André Carignan croit qu’elles doivent être repensées globalement.

Une « cour d’école idéale » serait à divisée en trois zones: une pour l’activité physique, une pour relaxer ou lire et une pour l’enseignement extérieur.

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