Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension

Stabilisation de la demande au stade logeant les itinérants atteints de la COVID-19

Le stade de soccer a ouvert aux itinérants atteints de la COVID-19 le 13 janvier. Il a accueilli au plus fort, 150 personnes en même temps. Photo: Jean-Baptiste Demouy/Métro Média

Émilie Fortier est directrice des services d’urgence et de réaffiliation à la Mission Old Brewery. Depuis l’ouverture du stade de soccer le 13 janvier, environ 150 personnes à la fois y ont été abritées au plus fort de la demande, indique la directrice, même si les chiffres commencent à baisser.

D’une capacité d’accueil de 350 personnes et avec 320 lits, le stade de soccer n’a jamais été entièrement rempli. Et la demande commence à stagner, selon Émilie Fortier. Jeudi, il y avait encore 56 personnes logées dans le stade, contre près de 80 en début de semaine. Et le nombre de personnes au stade est de 48 vendredi, selon une personne travaillant sur place.

Étant exclusivement réservés aux itinérants atteints de la COVID-19, les séjours y sont en moyenne de six à huit jours. Les personnes testées positives à la COVID-19 peuvent s’y rendre par leurs propres moyens ou par un service de transport par taxi, disponible grâce à l’organisme.

Les personnes doublement ou triplement vaccinées y restent au maximum six jours. Les personnes encore non adéquatement vaccinées y demeurent en moyenne huit jours.

Pour le personnel qui y travaille, la sécurité est importante. L’équipement de protection personnel est porté en tout temps, que ce soit les masques N95 ou encore des visières. Émilie Fortier souligne que peu de cas de COVID-19 ont été répertoriés au sein du personnel.

Émilie Fortier est directrice des services d’urgence et de réaffiliation à la Mission Old Brewery. Photo : Jean-Baptiste Demouy/Métro Média

Une baisse de la demande

En raison de la baisse de la demande, Émilie Fortier ne sait pas encore combien de temps le stade sera nécessaire. En temps normal, en hiver, la stagnation observée actuellement est normale jusqu’à la mi-février. À cette date, les besoins continuent en général de baisser.

Une des nombreuses rangée de lits mis à la disposition des itinérants atteints de la COVID-19. Photo : Jean-Baptiste Demouy/Métro Média

Même si on ne sait pas encore combien de temps le stade sera nécessaire, «cela devrait être plus clair dans les prochains jours ou les prochaines semaines, notamment avec le déconfinement qui se prépare».

Le but n’est de toute façon pas de garder le stade «si on reste à une demande stable autour de 50 personnes. On voit la crise se stabiliser, donc on en parle.»

Au bout du compte, peu d’itinérants ont connu des effets graves dus à la COVID-19, selon Émilie Fortier. Bien sûr, il est difficile de connaître les vrais chiffres, précise-t-elle, mais dans ceux qu’elle connaît, il n’y aurait eu qu’une dizaine d’hospitalisations identifiées.

Elle souligne également que le taux de vaccination est bon chez les itinérants, oscillant entre 60 et 70%.

Elle affirme que depuis le début du mois de janvier, l’organisme a abrité plus de 750 personnes.

Des services pour les personnes isolées

L’isolement apporte son lot de problèmes pour les itinérants qui souffrent de dépendance ou sont en cours de sevrage, par exemple.

Pour pallier ce défi, de la méthadone, un traitement pour la dépendance aux opioïdes, a notamment été mise à la disposition de ces personnes au stade de soccer grâce à l’aide de pharmacies. La bière est aussi disponible pour éviter des sevrages pouvant être dangereux.

Cet enjeu a nécessité un gros travail, indique Émilie Fortier. Une stratégie a été mise en place pour que ces produits puissent être accessibles. Cela facilite l’isolement, souligne la directrice. Et cette stratégie a porté ses fruits, puisque l’isolement a été respecté par les itinérants en situation de dépendance.

Un séjour au stade

Un itinérant ayant fait un séjour au stade et souhaitant rester anonyme salue notamment l’accès aux services comme la bière et la méthadone.

Même s’il note quelques désagréments, comme l’impossibilité de sortir durant son séjour ou le fait que la propreté des toilettes laissait selon lui à désirer, l’homme est reconnaissant.

Le stade donnait accès à de la nourriture, un lit et un coin télé, et l’ambiance «était assez bonne», souligne-t-il. Une bonne chose puisque rester seul n’est pas évident, précise l’homme d’une trentaine d’années.

Le coin télévision mis à la disposition des personnes présentes. Photo : Jean-Baptiste Demouy/Métro Média

Vacciné deux fois, il est resté cinq jours au stade avant d’être redirigé à la Mission Old Brewery. Il n’a pas été testé à nouveau, mais cela ne devrait pas tarder. Il précise que pour pouvoir rester à la Mission Old Brewery de la rue Clark, un test doit être fait au moins toutes les deux semaines.

En tant qu’itinérant, ce n’est pas toujours évident de composer avec la COVID-19. Il est notamment toujours obligé d’avoir un masque sur le nez à la Mission. La distanciation y est aussi quasiment impossible, indique-t-il.

Concernant la troisième dose, il attendra de voir si celle-ci est obligatoire avant de se décider.

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