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Ouverture du refuge pour itinérants ayant la COVID-19 au Stade de soccer

Des centaines de lits de camp ont été installées au Stade de soccer de Montréal pour accueillir des itinérants.
Des centaines de lits de camp ont été installées au Stade de soccer de Montréal pour accueillir des personnes en situation d'itinérance. Photo: Josie Desmarais/Métro

Alors que les places destinées aux personnes en situation d’itinérance sont limitées, le Stade de soccer de Montréal se métamorphose en refuge pour personnes itinérantes atteintes de la COVID-19.

Le bâtiment du parc Frédéric-Back, dans Villeray–Saint-Michel–Parc Extension, peut accueillir jusqu’à 350 itinérants ayant reçu un test positif à la COVID-19.

L‘installation, administrée par la Mission Old Brewery, a ouvert ses portes jeudi en avant-midi. Vendredi dernier, le gouvernement du Québec avait demandé à la Ville de Montréal de libérer un emplacement pour créer un logement temporaire pour les itinérants. Les individus qui souhaiteront y passer la nuit seront testés à l’entrée. Seuls ceux qui seront infectés pourront passer la nuit à l’intérieur.

Le stade a été équipé de lits de camp modestes, d’une salle de détente avec des télévisions, de cubicules pour recevoir des soins ainsi que d’une cafétéria. Un espace est expressément réservé aux femmes itinérantes.

Au total, ce sont quelque 1800 lits qui sont offerts aux personnes itinérantes à Montréal, somme incluant les nouveaux lits du Stade de soccer. Chaque jour, une cinquantaine de personnes itinérantes attrape la COVID-19 à Montréal, selon le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Au total, près de 500 personnes sont infectées par la maladie.

Responsabilité partagée

L’arrivée de cette nouvelle installation est annoncée quelques jours après le décès d’une personne itinérante à Montréal. Un homme de 74 ans a en effet été retrouvé mort sous un viaduc en pleine vague de froid. L’homme était connu des autorités locales. Selon la Ville, il évitait de se loger dans les ressources existantes qui lui étaient proposées.

C’est en raison de ces cas précis que la mairesse Valérie Plante avoue qu’il est impossible pour la Ville de garantir qu’aucune autre personne en situation d’itinérance ne mourra de froid d’ici la fin de l’hiver. «J’aimerais ça pouvoir garantir qu’il n’y aura plus jamais de décès d’itinérants à cause du froid. Mais c’est une chose sur laquelle je ne peux pas m’avancer. On ne peut pas forcer quelqu’un à quitter la rue, à quitter son abri [de fortune]», convient Mme Plante.

La responsabilité pour ce type de décès est partagée entre les différentes autorités, poursuit-elle. «C’est une démonstration tragique qu’un abri de fortune ne fonctionne pas. Il faut des solutions, comme plus de refuges. Mais n’oublions pas que ce sont des solutions à court terme. À moyen et long terme, il faut de vraies solutions: des toits au-dessus de leurs têtes. D’où l’importance d’investir massivement dans les logements sociaux et communautaires», conclut-elle.

Quelques heures avant sa démission, l’ex-directeur national de santé publique, Horacio Arruda, avait lancé une nouvelle recommandation. Il avait demandé que les refuges augmentent leur capacité pour que «personne ne soit contraint de coucher dehors par ces froids extrêmes». Il avait notamment demandé d’ouvrir des stations de métro la nuit pour permettre aux itinérants de fuir le froid. Cette partie de la demande a toutefois causé un cafouillage important à Montréal.

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