Sécurité et santé au travail : des cols-bleus innovent
« J’étais estomaqué. Je ne pensais jamais que ça irait aussi loin. Nous avons fait cela pour rendre les tâches de nos employés en déneigement plus sécuritaires. Là, nous avons obtenu une reconnaissance pour nos idées. C’est une fierté », indique Michel Jobin, directeur de la Direction des travaux publics à l’arrondissement.
En plus de cette distinction nationale, les travailleurs de VSP ont aussi reçu le Grand prix régional innovations de la CSST dans la catégorie Organisme public ainsi que le prix Reconnaissance en santé et sécurité au travail, dans la catégorie Cols bleus, au Colloque en santé et sécurité du travail de la Ville de Montréal.
« Le summum est le prix Coup de cœur. Les gens ont voté pour reconnaître l’excellent travail de nos cols bleus. On ne peut pas demander mieux », estime Melanie Lazur, conseillère santé et sécurité du travail à l’arrondissement.
Naissance d’un projet
L’idée est née à la suite de nombreuses demandes d’employés qui avaient soulevé des problèmes de sécurité, lorsqu’ils débloquaient la neige prise dans la tête de souffleuse.
« Les cols bleus nous avaient communiqué leur crainte relative à cette tâche. Pour se rendre à la tête de souffleuse, ils devaient monter sur l’engin augmentant ainsi le risque de glisser et de se blesser. Personne n’était encore tombé, mais ça pouvait arriver un jour. Ils voulaient un accès plus sécuritaire. Nous avons alors planché sur le sujet », explique M. Jobin.
Le directeur a donné ce projet à Serge Plante, soudeur. Après discussion avec des employés, il a apporté de petites modifications, soit des marches antidérapantes et des rampes.
« Il ne fallait pas créer de nouveaux problèmes en essayant d’en régler un. Il a fallu s’assurer qu’on ne nuisait pas au travail des mécaniciens lorsqu’ils font la vérification de l’appareil et qu’on n’ajoutait pas des éléments limitant la vision des chauffeurs », fait valoir M. Plante.
Les engins adaptés ont soufflé leur première bordée de neige en février 2013. Depuis, plusieurs autres arrondissements sont venus voir le véhicule adapté pour, eux aussi, faire les modifications nécessaires.
« Pas seulement ça, mais aussi des compagnies et organismes, tels que Le Port de Montréal. Même le fabricant de la tête de souffleuse est venu voir », laisse savoir M. Jobin.
« On a monté ça sur des conseils d’employés. On n’a pas fait appel à un ingénieur externe. On a réalisé l’idée avec notre expérience et nos connaissances. On peut en être fier », ajoute M. Plante.
L’impact
La série de concours pour la tête de souffleuse est peut-être terminée, mais cette initiative a donné le goût à de nombreux autres employés de proposer des projets pour améliorer leurs outils et lieux de travail.
« Il y a eu une conscientisation à tous les échelons de la hiérarchie. Ç’a eu un effet levier et on travaille actuellement sur d’autres projets innovateurs », affirme M. Jobin.