Noël multiculturel
Vendredi midi, complexe William-Hingston, Parc-Extension. À la cafétéria, la file est déjà longue pour se faire servir le repas traditionnel – dinde, tourtière et atocas – au coût de 3,50$. C’est un rabais d’un dollar par rapport aux autres midis.
Le chef de la cuisine communautaire, Alex Trujillo, attend environ 200 personnes ce midi. C’est plus du double que les autres jours. Le repas de Noël de l’Organisme des jeunes de Parc-Extension (PEYO) est un évènement annuel couru dans le quartier depuis 20 ans.
Derrière le comptoir, le président du conseil d’administration de PEYO, Perry Calce, sert des repas en veston-cravate. Selon lui, ce lunch communautaire sert à briser la solitude de certains, en réunissant des résidents de tous âges et de toutes les cultures.
Harmonie sociale
Cela saute effectivement aux yeux: festoyant ensemble, des écoliers, des employés de PEYO, une policière du quartier, des aînés. M. Calce en est fier: Parc-Extension est un district où règne «une sorte d’harmonie sociale».
«S’il était à Toronto ou dans une grande ville des États-Unis, Parc-Extension serait un ghetto, affirme-t-il. Les chiffres démontrent que, pour son niveau socio-économique très bas, et malgré son enclavement, le quartier a un faible niveau de violence.»
Le repas est aussi l’occasion pour certains de faire preuve de solidarité. Jean-Claude Boutet et sa femme Hélène lunchent à la cafétéria communautaire depuis une vingtaine d’années. Qu’a-t-il de différent, le lunch de Noël? «Il me coûte plus cher!» s’exclame M. Boutet. Sa femme explique: «À Noël, on donne toujours plus que le prix, pour les paniers de Noël.»
Plusieurs cadeaux ont été distribués durant le repas: jeux, chèques-cadeaux, paniers de nourriture et autres gâteries pour le congé des Fêtes.
Musiques du monde
Au Centre Lajeunesse, une dame vêtue de mousseline turquoise et de paillettes dorées fait une démonstration de danse pakistanaise pour les enfants qui tapent des mains au son d’une musique arabe. Quelques minutes plus tôt, ils dansaient sur une chanson africaine. Et dire qu’il y a moins d’une heure, on faisait la file pour se faire prendre en photo avec le Père Noël…
Elwige Ngabi travaille pour Projet Villeray dans l’est. Pour elle, cette fête communautaire de Noël est une occasion pour faire sortir de chez eux les gens de diverses communautés culturelles, de se mélanger, d’apprendre sur les autres. «Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de fêter ensemble!» soutient-elle.
Cette année, le centre communautaire Lajeunesse a invité Projet Villeray dans l’est à participer à la fête annuelle des enfants, qui se tenait le 15 décembre, pour rejoindre un nouveau public.
Une centaine d’enfants, accompagnés de leurs parents, sont passés au Centre Lajeunesse tout au long de la journée, pour voir le Père Noël, se faire maquiller, danser et jouer.