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Affaire Pamela Jean: deux policiers sanctionnés

Photo: Collaboration spéciale

Deux policiers de Villeray ont été suspendus deux jours sans traitement pour avoir omis de rencontrer le père de Pamela Jean au moment du signalement de la disparition de sa fille, retrouvée sans vie dans l’appartement de son conjoint le 4 janvier 2013.

L’affaire avait fait grand bruit dans les médias à la suite de l’arrestation de Juan Fermin Palma, accusé du meurtre de sa conjointe.

Deux ans plus tard, le comité de déontologie policière blâme les agents Saundra Baichoo et Yannick Montambault pour avoir dérogé à l’article 5 du code de déontologie, en «négligeant des tâches dévolues à leurs fonction».

Le 1er janvier, Léonard Jean a composé le 911 à partir du bar de Villeray où travaillait sa fille, inquiet de ne pas avoir de ses nouvelles depuis l’après-midi du 29 décembre.

Il a reçu ensuite l’appel des agents du poste de quartier (PDQ) 31, qui lui ont posé quelques questions, avant de téléphoner au conjoint de Mme Jean, M. Palma.

Comme M. Palma assurait avoir passé du temps avec elle le 30 décembre, soit la veille du signalement de sa disparition, les policiers ont téléphoné une nouvelle fois à M. Jean pour tenter de le rassurer et lui rappeler que sa fille avait été vue la veille.

Selon les policiers, «il n’y avait pas lieu de rapporter la disparition de Mme Jean». Ils ont clos le dossier sans rédiger de rapport, ni signaler l’incident à leur sergent, raconte la décision du Comité de déontologie.

La famille de Pamela Jean, loin d’être convaincue de la réponse des deux agents, s’est alors tournée le même jour vers les policiers de Longueuil, où Mme Jean résidait. L’enquête les a menés au lieu de résidence de Juan Fermin Palma, où elle a été retrouvée le 4 janvier.

Alors qu’une directive oblige les policiers à se déplacer lors du signalement d’une disparition ou d’une fugue, les policiers ne se sont pas allés à la rencontre du père de Mme Jean, d’où «l’inconduite» reprochée aux agents par leur Comité de déontologie.

Conséquences nulles
Néanmoins, selon le rapport du comité de déontologie policière, le décès de la jeune femme ne serait pas lié aux fautes des policiers.

Mme Jean serait décédée avant le signalement de sa disparition.

«Le Comité retient que ce manquement n’a été dicté par aucun sentiment malveillant de la part des policiers et qu’il résulte d’une mauvaise compréhension de la situation à laquelle ils étaient confrontés», peut-on lire dans la décision datée du 19 novembre 2015.

La faute est toutefois «inacceptable» de la part des policiers, dit le Comité.

«Il existait une directive très claire devant être appliquée dans le cas du signalement de la disparition d’une personne […] De tels agissements de la part de policiers constituent des conduites inacceptables dans une société où les citoyens sont en droit d’attendre des personnes chargées de maintenir l’ordre qu’ils fassent respecter les lois, mais aussi qu’ils veillent à la sécurité de tous», indique la décision.

Les deux agents d’expérience, qualifiés «d’excellents policiers», ont reconnu avoir manqué de professionnalisme et de rigueur.

Ces policiers n’avaient aucun antécédent déontologique.

Juan Fermin Palma, accusé du meurtre de Mme Palma, est toujours dans l’attente de son procès.

 

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