Irma frappe la côte Est de la Floride
La côte Est de la Floride subissait toujours les assauts dévastateurs de l’ouragan Irma en début de soirée, dimanche. Des rues étaient inondées, certaines bloquées par des branches d’arbres et des palmiers déracinés alors qu’à l’instar de leurs voisins américains, les Québécois habitant en Floride sont tapis chez eux, barricadés, pendant que les vents violents et la pluie secouent tout autour d’eux.
Dimanche soir, la plage de Fort Lauderdale Beach était méconnaissable. La mer débordait par endroits sur le grand boulevard en bord de mer. À une intersection, l’on pouvait voir, en plein milieu de la rue, un épais tapis d’algues et de déchets charriés par les puissantes vagues. Le sable couvrait les rues et l’eau coupait cette importante artère en deux. L’océan et le ciel se confondaient en une grande masse blanche.
Les maisons observées avaient tenu bon, même dans la zone sous le coup d’un ordre obligatoire d’évacuation — celle directement en bordure d’océan.
Des habitants sortaient de chez eux, pour vérifier si le bois placardant leurs fenêtres était toujours solidement attaché.
Sandra Belzile, qui habite à Pompano Beach sur le bord de l’Atlantique, se disait soulagée en début d’après-midi. Mais en même temps, elle était doublement inquiète pour les gens de la côte ouest de la Floride — en bordure du golfe du Mexique — qui semblent maintenant plus en danger par la trajectoire de l’immense ouragan. «On était plus prêts pour cela qu’eux.»
Elle regardait pendant l’entrevue à travers des petits trous de la barricade posée sur sa fenêtre de chambre, l’endroit où elle est confinée durant le passage d’Irma, le jugeant le plus sûr de son condominium.
«On ne voit aucun débris. On voit que les arbres sont dans le vent. Mais il ne semble pas y avoir de dommages» , rapportait-elle en après-midi.
La violence de la pluie l’a réveillée vers 3 h 40 et elle n’a pu se rendormir depuis.
Elle se dit rassurée de savoir que l’est ne doit être touché que par les bordures extérieures d’Irma.
Les Keys, un archipel tout au sud de la Floride, ont été touchées de plein fouet par Irma, dès le petit matin. Du côté de Miami, plus au sud, des rues étaient fortement inondées en début d’après-midi.
Marie Poupart, elle, avait quitté sa résidence de West Palm Beach pour se réfugier à Orlando, chez des connaissances. Maintenant que le puissant ouragan se dirige plutôt vers le nord-ouest, elle dit être sur le qui-vive. Orlando n’est qu’à une heure de route de Tampa, qui semble la plus visée pour le moment. Elle s’est enfermée à l’intérieur. «Ça risque de frapper fort.»
La journaliste s’inquiète pour sa résidence de West Palm Beach, située près d’un canal, sur la côte Est. Son propriétaire l’a avertie qu’à son retour, elle risquait de ne plus avoir de maison. «Je ne veux pas me retrouver sans domicile fixe.»
Pour passer le temps durant la tempête, elle va s’informer sur les réseaux sociaux. La télé est éteinte la plupart du temps pour ne pas inquiéter les enfants qui vivent là, dit- elle.
Tim Carey se trouve près de Miami Lakes. Contacté en fin d’après-midi dimanche, il affirmait se sentir en sécurité puisqu’il se trouve dans un édifice de béton.
L’homme qui est un membre de la Première Nation d’Alderville, Ontario, entendait malgré cela le vent souffler.
«Les forts bruits sont stressants», a-t-il fait savoir par messagerie. Comme beaucoup d’autres, il épargne sa batterie de cellulaire, en cas d’urgence. Il disait surtout craindre le débordement de la mer et les inondations.
Pendant ce temps, à Fort Lauderdale, deux jeunes hommes bravaient les conditions météo près de la plage, semblant s’amuser de contourner à de multiples reprises les lumières tombées des lampadaires, les feux de circulation, les auvents arrachés et les branches au sol.