Et voici Paul Ryan…
Le Wall Street Journal lui a soufflé son nom. Il l’a retenu. Paul Ryan est désormais le colistier de Mitt Romney dans la course républicaine à la Maison-Blanche. A-t-il fait une erreur?
Romney a certes présenté le parlementaire du Wisconsin samedi comme «le prochain président des États-Unis», mais Barack Obama avait commis le même lapsus avec Joe Biden, son vice-président. De toute manière, Romney n’en est pas à une gaffe près. Même si, tous les jours, il passe 23 h 59 m à les éviter, pour la frange conservatrice de son parti, il n’en a fait aucune en optant pour Ryan.
C’est d’ailleurs un «sans faute» pour le Tea Party, qui adore les coupes budgétaires proposées par le jeune Ryan (42 ans) dans les programmes d’assurance maladie auprès des plus pauvres et des plus âgés. Si les conservateurs du «Grand Old Party» se frottent les mains, les démocrates applaudissent eux aussi la nomination de Ryan. Pour d’autres raisons, bien sûr.
Elle va leur permettre de mieux camper Romney comme un conservateur et, ainsi, de convaincre les indécis dans la dizaine d’États-clés (swing states) qui se posent encore des questions sur les politiques économiques et sociales de Barack Obama. Romney a fait un choix idéologique. Pour unir la base de son parti et faire sortir le vote crucial des évangélistes, il devait à tout prix gommer son image de «modéré». Sur sa courte liste, Ryan était le plus à droite. John McCain, avait fait le même calcul il y a quatre ans en jetant son dévolu sur Sarah Palin. On connaît la suite…
Mais, n’en déplaise aux démocrates, le scénario ne sera pas le même. Ryan est un poids lourd à Washington, où il s’escrime depuis déjà
14 ans avec le même cheval de bataille : assainir les finances fédérales.
C’est là l’autre raison expliquant son choix. Ryan, un fervent catholique, a des idées bien tranchées. Romney espère qu’elles feront oublier ses positions plutôt ambiguës sur un peu tous les dossiers de l’heure.
Il souhaite surtout avoir la même chance qu’Abraham Lincoln, Benjamin Harrison, William McKinley, Dwight Eisenhower et Ronald Reagan. Depuis plus de 150 ans, chaque fois qu’une présidentielle se tient le 6 novembre, c’est un républicain qui l’emporte…