Des journalistes haïtiens veulent des réponses
PORT-AU-PRINCE, Haïti — Des centaines de journalistes portant des chandails blancs ont marché dans la capitale haïtienne mercredi pour réclamer une enquête sur la disparition d’un photographe de presse indépendant il y a deux semaines, alors qu’il réalisait un reportage.
Vladjimir Legagneur est disparu le 14 mars après s’être rendu dans la zone de Grand Ravine, une région au sud-est de Port-au-Prince, considérée comme l’un des endroits les plus pauvres et dangereux. Il n’a donné aucune nouvelle depuis et aucun objet lui appartenant n’a été retrouvé.
La colère et la frustration continuent de prendre de l’ampleur face à l’absence de réponses de la part des policiers et des autorités judiciaires.
Un collègue photographe, Jeanty Junior Augustin a déclaré s’attendre à mieux de la part du système de justice, alors qu’il prenait part à la marche en compagnie de centaines d’autres journalistes.
Vladjimir Legagneur a grandi dans un bidonville semblable à ceux qu’il a visités au cours des dernières semaines dans le cadre d’un projet visant à illustrer à vie dans ces zones haïtiennes. Le pigiste de 30 ans se préparait aussi pour un atelier prévu sous peu à Paris.
Plus tôt dans la journée, mercredi, la police a déclaré qu’elle commençait à recevoir des informations reliées à la disparition du journaliste, sans fournir davantage de détails. Les autorités rejettent la thèse de l’enlèvement puisqu’aucune demande de rançon n’a été formulée depuis la disparition.
L’épouse de Vladjimir Legagneur, Fleurette Guerrier, a confié aux médias en début de semaine qu’elle gardait toujours un contact avec son mari chaque fois qu’il se déplaçait pour un reportage dans une zone à risque.
Elle dit avoir appelé la police le 14 mars après avoir tenté d’appeler son mari, sans obtenir de réponse, quelques heures après son départ de la maison.
Vladjimir Legagneur a travaillé pour le journal Le Matin et l’agence de presse en ligne LoopHaiti avant de devenir pigiste pour des médias locaux et des organismes non gouvernementaux. Selon ses collègues, il était toujours avide d’apprendre et avait une fascination particulière pour capter les expressions humaines.