Une employée de la Maison-Blanche dénigre John McCain
WASHINGTON — Une employée de la Maison-Blanche a balayé du revers de la main l’opinion du sénateur John McCain concernant la femme que le président Donald Trump souhaite place à la tête de la CIA en disant que «ce n’est pas important (…) parce que de toute manière il est mourant», ont confié à l’Associated Press deux personnes qui étaient présentes.
Kelly Sadler a fait ces commentaires quand M. McCain s’est opposé à la nomination de Gina Haspel à la tête de l’agence américaine du renseignement.
La Maison-Blanche ne nie pas que Mme Sadler a tenu ces propos, mais ajoute que «nous respectons le service du sénateur McCain à la nation, et sa famille et lui sont dans nos prières à cette heure difficile».
L’homme de 81 ans qui représente l’Arizona au Sénat depuis plus de trois décennies a reçu en juillet dernier un diagnostic de glioblastome, une forme très agressive de cancer du cerveau. Il a été opéré pour une infection le mois dernier.
Mme Sadler est une assistante spéciale du président Trump. Elle n’a pas répondu à une demande de commentaires jeudi soir.
Le même jour, un général de l’armée de l’air à la retraite, Thomas McInerney, a reproché au sénateur McCain, sur les ondes du réseau Fox, d’avoir cédé à la torture des forces nord-vietnamiennes, ce qui lui aurait valu le surnom de «John l’oiseau chanteur». Le réseau Fox a annoncé vendredi que le général McInerney ne sera plus le bienvenu sur ses ondes.
Le sénateur McCain a été capturé, battu et torturé pendant la guerre du Vietnam. Il a demandé aux autres sénateurs de s’opposer à Mme Haspel, puisqu’elle «refuse de reconnaître l’immoralité de la torture».
Réagissant aux commentaires de Mme Sadler et du général McInerney, la fille du sénateur McCain, Meghan, a déclaré lors d’une participation à l’émission «The View»: «Je ne comprends pas dans quel environnement tu travailles pour que ce soit acceptable et que le lendemain tu arrives et tu as encore un emploi. On va parler de l’héritage de mon père pendant des centaines d’années. Mais ces gens? Ils ne sont rien.»