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Obama perdra si…

Photo: Chip Somodevilla/getty

Les Blancs mettront-ils Barack Obama à la porte de la Maison-Blanche? Trop brutale, la question mérite quand même d’être posée à la lumière de différents sondages, peu médiatisés, sur la campagne présidentielle.

Il y a quatre ans, le premier président noir des États-Unis a été élu avec l’appui de 43 % de l’électorat blanc. Il serait aujourd’hui sous la barre des 40 %. Sans une masse critique d’électeurs blancs, les jeunes surtout, Obama perdra mardi prochain. C’est mathématique!

Mitt Romney lui, n’a pas ce problème. Au moins 60 % de l’électorat blanc est derrière lui. Sur 100 de ses électeurs, plus de 90 sont blancs, 4 sont hispaniques, 4 d’une autre race et 1 seulement est noir, estime le Pew Research Center, un think tank neutre de Washington.

On le voit, si Romney l’emporte, ce sera surtout grâce à l’électorat blanc. Pour compenser son déficit électoral chez les Blancs, surtout chez les hommes, Obama compte sur l’appui massif des Noirs et des Latinos. Mais voilà, «ils devraient être moins nombreux à se déplacer pour voter cette année», croit Andra Gillespie, de l’Université Emory à Atlanta. Pourquoi? Bon nombre des engagements d’il y a quatre ans du président sortant sont restés lettre morte.

«Depuis une génération, les Noirs sont un peu plus conservateurs, mais ils demeurent plus libéraux que les Blancs sur un certain nombre de questions sociales. Au-delà de la race, ils ont donc leurs propres raisons d’appuyer un candidat plus libéral tel que le président Obama», rappelle la chercheuse afro-américaine dans un échange de courriels.

Bien sûr, les États-Unis sont de plus en plus un «pays arc-en-ciel», mais cela ne se reflète pas dans le camp républicain qui, à cause de ses positions conservatrices, peine à attirer les minorités. Elles font désormais le plein du Parti démocrate.

Lors de la convention républicaine de Tampa en août, sur les 4 441 délégués, 47 seulement étaient Noirs alors qu’ils constituent au moins 12 % de l’électorat.

Assurément, le Grand Old Party représentera une Amérique du passé quand la majorité blanche deviendra minorité dans une quarantaine d’années. Ce n’est qu’en étant moins conservateurs que les républicains pourront refléter le kaléidoscope américain et ainsi ne pas disparaître du paysage politique.

En attendant, il y a un véritable clivage racial et ethnique dans l’actuelle course présidentielle. Obama et Romney n’en parlent aucunement, les médias le mentionnent à peine, mais la réalité risque d’avoir son dernier mot aux urnes mardi prochain.

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