Iran: une possible guerre évitée
Métro a analysé avec Sinan Ulgen, chercheur en résidence au centre Carnegie établi en Europe, les conséquences de l’accord conclu mardi entre les puissances mondiales et l’Iran.
Cet accord a été présenté comme «une source d’espoir pour le monde». Pour quelles raisons?
L’absence d’un accord aurait créé un environnement de confrontation dans la région, qui aurait pu mener à des opérations militaires contre l’Iran destinées à enrayer son programme nucléaire. L’accord permet désormais que le dialogue interrompu il y a 35 ans entre la République islamique et l’Occident puisse reprendre.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, a dit que l’entente «n’est parfaite pour personne». Pourquoi?
Il y a plusieurs enjeux sur lequel chacun des deux camps a dû faire des concessions par rapport à leurs exigences initiales. Par exemple, l’Iran voulait que les sanctions économiques qui lui sont imposées soient levées dès la signature de l’accord. La communauté internationale cherchait initialement à faire cesser complètement les activités d’enrichissement d’uranium de la République islamique. Finalement, l’Iran a conservé le droit de développer une faible capacité d’enrichissement, mais certainement moins que ce que le pays aurait espéré au début.
En quoi cet accord est-il historique?
C’est la première fois que le régime iranien accepte que des inspections internationales aussi intrusives soient menées en ce qui a trait à son programme nucléaire. Après la malheureuse campagne militaire menée par les États-Unis en Irak après 2003, l’Iran s’est posé comme une puissance régionale, exploitant à son profit le clivage sectaire qui a depuis embrasé la région entre chiites et sunnites. Téhéran a utilisé son influence pour déstabiliser l’équilibre du Moyen-Orient. Maintenant que l’accord est signé, l’espoir qu’un nouveau climat de coopération puisse voir le jour laisse poindre des possibilités de paix et de stabilité dans la région. Et ce, à une époque où la montée en puissance d’État islamique a le potentiel d’embraser le Moyen-Orient au complet.