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Barack Obama, «guerrier de la paix»

Photo: Getty

Qu’y a-t-il en commun entre George W. Bush et Barack Obama? Le premier a eu recours aux drones dans sa lutte contre Al-Qaïda et à la cyberguerre pour court-circuiter le programme nucléaire iranien. Idem pour le second.

La semaine dernière encore, un des 7 000 drones de l’armée américaine a frappé. Bilan : une quinzaine de morts au Pakistan, dont le numéro deux d’Al-Qaïda. Au total, les bombardementsde ces avions furtifs pilotés à distance à partir d’une base du désert du Nevada auraient fait un millier de morts depuis quatre ans. Tous n’étaient pas des terroristes. Loin de là. Barack Obama a toujours donné son feu vert à ces opérations d’assassinats ciblés. Le prix Nobel de la paix est devenu un véritable «guerrier de la paix».

Cette «face cachée» du successeur de Bush se retrouve également dans les cyberattaques contre l’Iran. L’actuel locataire de la Maison-Blanche participe activement aux «Jeux olympiques», le nom de code de Stuxnet – le virus informatique américain développé avec Israël et qui sème la zizanie au sein du programme nucléaire iranien.

Toutes ces informations se retrouvent dans le livre de David Sanger, Confront and Conceal : Obama’s Secret Wars and Surprising Use of American Power. Sorti la semaine dernière, l’ouvrage du journaliste du New York Times tombe à point nommé pour Obama.

Être présenté comme un chef de guerre sans peur, à défaut d’être sans reproche, n’est jamais mauvais en période électorale américaine.En attendant, Stuxnet aurait détraqué un cinquième des centrifugeuses iraniennes destinées à enrichir de l’uranium afin, craignent les Occidentaux, de permettre au pays de se doter de l’arme nucléaire. Le virus fatal écarte, pour l’instant, une éventuelle intervention militaire israélienne. Mais il «démontre un manque de vision assez préoccupant concernant la boîte de Pandore que la militarisation de l’internet va ouvrir», estime, dans un échange de courriels, Benoît Dupont, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sécurité et technique à l’Université de Montréal.

«Le gouvernement américain est en train de concevoir des outils qui seront très facilement et efficacement recyclés par les yberdélinquants. Le jeu en vaut-il la chandelle?» Pour Obama, la réponse ne fait aucun doute.

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