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Un hiver en iBUS

Un hiver en iBUS
Photo by: Maxime JohnsonL’application mobile Transit (Android, iOS) affiche le positionnement des autobus de la STM en temps réel.

Un an après sa mise en service, et près d’une décennie après son annonce originale, notre chroniqueur techno Maxime Johnson a finalement adopté le système iBUS.

Son lancement est passé un peu inaperçu l’année dernière, mais la Société de transport de Montréal (STM) a entre les mains cet hiver les meilleurs arguments pour faire mousser son système de repérage iBUS, qui affiche le positionnement des autobus en temps réel sur une carte: le froid glacial et les cocktails météo.

L’histoire se déroule à la mi-janvier. J’attends l’autobus 31 sur St-Denis avec ma fille de 18 mois. La marche entre la garderie et notre domicile n’est pas très longue, mais avec un vortex polaire qui semble bien installé directement au-dessus de nos têtes, la perspective de déambuler une quinzaine de minutes au vent avec ma fille dans les bras est bien peu reluisante. Elle non plus n’est pas très chaude à l’idée d’affronter la tempête. Elle se colle comme rarement, le visage bien caché dans mon foulard.

Le bus arrive dans deux minutes selon l’horaire. Les secondes s’égrènent et s’étirent en minutes. «C’est normal que le bus soit un peu en retard avec toute cette neige, ça ne sera pas long, mon petit bébé». Ma fille me regarde incrédule, peu réconfortée par mes paroles.

Après 5 minutes, la logique voudrait que j’abandonne. Mais la peur de marcher 100 mètres et de voir l’autobus nous passer sous le nez – un classique – est beaucoup trop grande. Nous avons finalement attendu l’autobus plus longtemps que ce que la marche aurait pris et nous nous sommes rendus à pied. Un échec sur toute la ligne.

Toute cette attente aurait pu être évitée. Si j’avais utilisé une application mobile compatible avec le service iBUS, comme Transit, je me serais bien aperçu que l’autobus en question n’était pas en retard, mais qu’il n’était tout simplement pas sur la route.

À ma défense, le déploiement d’iBUS n’a pas été de tout repos. Le service n’est donc pas aussi connu qu’il le devrait. D’abord annoncé en 2010 pour un lancement prévu en 2014, le système de 155M$ a été repoussé en 2015, puis en 2016, la date où les quelque 1800 autobus de la STM ont été dotés de puces GPS et des autres équipements nécessaires pour la transmission de données en temps réel.

Les retards ont continué de s’accumuler, et une version test d’iBUS a finalement été lancée en décembre 2017. Il aura ensuite fallu attendre septembre 2018 pour que la STM publie les informations sur ses autobus en temps réel sur son site régulier, et novembre 2018 pour que les données d’iBUS soient ouvertes à tous les développeurs, qui peuvent désormais les intégrer dans leurs applications mobiles. Ces dernières étapes – que l’on pourrait qualifier de lancement officiel du service – ont été franchies sans tambour ni trompette, ce qui étonne pour un projet de cette envergure.

Comment utiliser iBUS

J’ai attendu comme un popsicle en regardant au loin sur St-Denis en espérant voir la 31 arriver pour la dernière fois le mois dernier. Depuis, je sors au froid au bon moment seulement, quand l’autobus s’approche à deux coins de rue de moi.

En plus du site web de la STM, sept applications mobiles, la plupart compatibles avec Android et iOS, affichent la position des autobus en temps réel: BusBuddy Montréal, Chrono, Citymapper, Métro exit, MonTransit, Moovit et Transit.

Chacune présente les informations à sa manière. Dans Transit, par exemple, un symbole ressemblant au logo du Wi-Fi indique lorsque la position d’un autobus s’affiche en temps réel (ce qui est le cas la plupart du temps). Celui-ci peut être vu sur la carte, généralement avec un petit délai allant de 10 secondes à une minute.

Malheureusement, Google Maps et Plans d’Apple n’intègrent pas encore la fonctionnalité. Ce n’est toutefois qu’une question de temps, puisque les deux services offrent le suivi en temps réel dans d’autres villes dans le monde.

D’ici là, ceux qui prennent régulièrement l’autobus devraient changer leur application privilégiée pour prévoir leurs déplacements dans les transports en commun. C’est un petit effort qui sera largement récompensé par quelques minutes de plus passées au chaud les jours d’hiver propices aux retards.

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