Courrier des lecteurs
01:35 12 juillet 2016 | mise à jour le: 12 juillet 2016 à 01:35 temps de lecture: 4 minutes

Courrier des lecteurs du 12 juillet

Courrier des lecteurs du 12 juillet
Photo: Getty ImagesHollywood sign. Street sign of Hollywood Boulevard, in Los Angeles, California, with a palm tree in the background. It's a sunny day and the sky is clear.

Prisonniers d’Hollywood

Ma conjointe et moi venons de déménager. Nous avons gardé le même fournisseur de services pour le téléphone, l’internet et la télévision. Depuis que le dernier club vidéo près de chez nous a fermé ses portes, nous nous demandons comment avoir accès aux films que nous aimons. Nous sommes des amateurs de cinéma québécois, de cinéma international et de cinéma de répertoire. Lorsque je me rendais dans un club vidéo c’était un plaisir pour moi de faire le tour des tablettes pour voir les nouveautés et ensuite faire le tour des rayons pour retrouver des films plus anciens et faire des découvertes. Fini également le plaisir de parler cinéma avec les employés.

Nous nous sentons orphelins. Nous ne sommes plus au courant des films nouveaux et anciens qui sortent. Nous avons exploré la possibilité de nous abonner à une chaîne spécialisée pour nous rendre compte que leur offre cinématographique est principalement en langue anglaise et américaine, composée de films et de séries télé populaires. Même chose du côté de l’offre de notre câblodistributeur. Que faire alors pour des cinéphiles comme nous? Il nous reste à nous déplacer et à nous rendre dans un cinéma de quartier loin de chez nous qui diffuse des films à notre goût.

Force est de constater que nous sommes devenus prisonniers d’Hollywood. De la vente de la technologie et des appareils, en passant par l’offre des câblodistributeurs, eux-mêmes distributeurs de la culture cinématographique américaine, nous sommes prisonniers de l’empire américain comme tous les autres peuples sur cette Terre. Cette culture planétaire commerciale s’impose à nous et aux nouvelles générations, au prix de la perte de la diversité, comme dans la nature. Nous sommes nous-mêmes une espèce de cinéphiles en voie de disparition. Si tout le monde est amené à partager une seule et même culture dans le monde, à partir des choix qui sont faits par d’autres, nous sommes près de ce que raconte le roman 1984 de George Orwell et d’un monde totalitaire.

Yves Chartrand

Le Festival d’été de Québec : assoiffer la clientèle

Les organisateurs du Festival d’été de Québec semblent avoir trouvé le moyen de tirer tout le jus de leur clientèle : l’assoiffer.

Lors d’une fouille en règle digne d’un aéroport international, les portiers du Festival nous obligent à jeter l’eau que nous transportons dans nos sacs. «Il y a plusieurs endroits sur le site pour remplir vos bouteilles vides», disent-ils. Une fois entré, on constate que pour prendre une simple gorgée d’eau gratuite, on doit traverser une foule de dizaines de milliers de personnes, puis faire la file devant les toilettes pour aller chercher notre eau au robinet. Il n’y avait sans doute pas assez long de file aux toilettes. On va les doubler pour ceux qui veulent se désaltérer sans se ruiner.

Ensuite, on revient et notre place a été miraculeusement gardée intacte. C’est drôle, mais les gens qui se promènent dans la foule pour vendre de la bière à 6,50 $ n’ont pas d’eau dans leur caisse, même à 3,00 $ les 500 millilitres comme dans leurs kiosques.
Ce sera agréable d’amener des enfants au Festival dorénavant. Une chance que la température des derniers jours ne se prêtait pas à la déshydratation.

Si le Festival d’été manque d’argent, qu’il augmente les prix d’entrée au lieu de rendre le séjour sur place désagréable. Il y a des limites à siphonner sa clientèle.

Jeannot Vachon