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Nourrir l’avenir par l’engagement social

Nourrir l’avenir par l’engagement social
Photo: Photo de courtoisie

De Châteauguay jusqu’en Équateur, il a fait de la consommation écoresponsable et de l’alimentation de proximité un cheval de bataille pour la promotion de la santé publique.

Âgé de 29 ans, Gabriel April-Lalonde est doctorant en nutrition- à l’Université de Montréal. Il s’implique également auprès d’organismes communautaires, dont Cultivons Châteauguay, qu’il a fondé avec son frère il y a trois ans. Portrait d’un jeune nutritionniste engagé.

Qu’est-ce qu’un système alimentaire de proximité, le sujet sur lequel porte votre doctorat en nutrition? 

C’est un environnement où les acteurs qui consomment, produisent ou transforment les aliments sont engagés dans la communauté. Il y a donc moins d’intervenants entre la production des aliments et la consommation, et ça peut même aller jusqu’à la gestion des déchets. On en trouve plusieurs exemples à Montréal, comme les jardins communautaires, les paniers de fermiers et les marchés publics.

Dans le monde, notamment en Équateur, il y a des mouvements menés par la société civile ou par des politiques gouvernementales pour rapprocher les consommateurs des producteurs et valoriser l’héritage culturel dans la gastronomie. C’est pour ça que l’Équateur représentait un bon terrain pour notre étude.

En quoi consiste votre engagement à l’organisme Cultivons Châteauguay?

Plusieurs organismes communautaires à Châteauguay avaient un intérêt pour l’agriculture urbaine, donc on a décidé de s’unir. On faisait quelques activités d’éducation en lien avec l’alimentation. Ça a commencé par un circuit pour connaître les différentes initiatives en agriculture urbaine dans la ville. La première année, on a fait un potager de fruits et de légumes dont la production a été distribuée gratuitement à vélo, comme un marché mobile. Présentement, on réfléchit aux orientations à prendre et aux activités qu’on souhaite développer.

«Le système alimentaire s’industrialise très vite dans les pays à faibles revenus. Avec l’arrivée des pesticides et des produits transformés, les gens n’ont pas la capacité de s’adapter rapidement à ces changements. On a réalisé que c’était lié à l’augmentation de l’obésité et de maladies chroniques dans la population en Équateur.» 

Quels sont vos objectifs après votre doctorat? 

J’ai développé un cours sur la pratique de la nutrition en santé publique avec mon directeur de maîtrise dans lequel Cultivons Châteauguay s’est impliqué l’année passée. Ce serait un type d’outil intéressant pour de futures enquêtes afin de mieux comprendre les comportements des consommateurs; comment certains arrivent à manger sainement de façon durable et comment faire en sorte que plus de gens adoptent ce type de pratique. Je me concentre sur mon doctorat pour le moment, mais je suis ouvert aux possibilités. S’il y a d’autres axes de recherche qui s’ouvrent, comme avec les Premières Nations, ça m’intéresserait beaucoup.

Qu’est-ce que l’engagement citoyen peut apporter comme leadership en matière de consommation écoresponsable et d’environnement?

Notre système alimentaire ne permet pas de nourrir toute la population. Il y a aussi beaucoup d’inégalités : certains mangent beaucoup trop pour leurs besoins et d’autres sont en difficulté alimentaire. Il y a énormément de gaspillage alimentaire, donc ce n’est pas durable. C’est par les mouvements citoyens qu’on peut le mieux s’attaquer à ces problèmes de santé, notamment en créant des initiatives permettant aux communautés de se nourrir de la façon qui leur convient. Mais ça prend un cadre social capable de renforcer ces initiatives.

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le Conseil jeunesse de Montréal, des portraits de jeunes inspirants.